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Parce que tout le reste est accessoire…

L’inspiration me fuit. Je me rappelle plus la dernière fois que je suis arrivée à écrire plus de deux cents mots sur un sujet qui n’était pas lié au travail ou encore à un de mes cours. Alors jusqu’à aujourd’hui ! C’est un peu comme si mes mains me démangeaient. C’est que je passe un week-end pas comme les autres et j’ai cette furieuse envie d’en parler.  Un week-end pas comme les autres… J’ai dû employer cette expression des dizaines de fois. Mais croyez-moi, si je le pouvais je les bifferais toutes. Car la vraie expérience hors du commun, je l’ai vécue ce week-end.

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Je suis enfant unique. Enfin, pas tout à fait… J’ai des demi-frères et une demi-sœur que j’ai rencontrés récemment et les relations semblent bien amorcées. Mais ça, c’est une autre histoire. Je voulais donc vous dire que je suis l’unique enfant de ma mère, une femme très réservée. Mon premier réflexe a donc été de rechercher très tôt de la compagnie ailleurs. Au cours de mon enfance, et même pendant une grande partie de mon adolescence, j’ai été littéralement accro à ma cousine, qui, pour sa défense me le rendait bien. Puis à mes premières amies Sabrina et Joséphine. Quand je suis entrée à l’école secondaire, Fabiola a pris le relai et depuis, je ne l’ai plus jamais laissée repartir. Car il me fallait être constamment entourée. C’était un peu comme une partie de moi. Résultat : des années plus tard, je suis toujours partante pour retrouver des amis pour prendre un verre. Ou juste parler. Tout ce qui me tiendra éloignée de ma chambre vide.

Mais, ce week-end, sous une impulsion, j’ai décidé de passer du temps seule. Après des heures à essayer de dissimuler la tristesse qui m’envahissait à mes proches à la maison, je me suis dit que m’éloigner serait la meilleure option. Passer le week-end seule ? Oui. Mais où ? À faire quoi ? Honnêtement, je n’ai pas eu à me poser la question longtemps. Decameron ! La destination était toute indiquée. La dernière fois que j’avais été aussi « down », soit en 2014, je m’étais réfugiée à Indigo pour une semaine et j’en était revenue toute neuve. On n’allait tout de même pas changer une équipe qui gagne ! Je contacte donc un ami à l’hôtel vite fait. Mais ma démarche tardive laisse présager le pire : il se pourrait qu’il n’y ait plus de place. Je ne suis fixée qu’à la dernière minute, le jour même. Mais j’avais déjà fait tous mes plans. Après le travail ce vendredi, je n’ai plus qu’à passer récupérer mes affaires chez moi. Ensuite, je fais le plein et je mets le cap sur la côte des Arcadins !

Ce n’est pas la première fois que je conduis sur la nationale #1, mais depuis environ 5 ans que je conduis, c’est la deuxième fois que je prends toute seule cette voie où les accidents se multiplient. Je l’avoue, je stresse un peu. Et la pluie qui se pointe tandis que je passe « Trois mains » n’arrange rien. Pendant une fraction de seconde je pense à rebrousser chemin, me disant que je n’ai rien à prouver. Mais en fait, je le sais, j’ai tout à prouver. J’ai tout à me prouver. Un jour d’octobre, il y a de cela même pas un an, j’ai pris sur moi et j’ai laissé un jeune homme que je voyais pour la première fois incruster les mots « I am enough » sur une de mes côtes. Il était temps que je me prouve que cette douleur n’avait pas été vaine. Et c’est ce que j’ai fait.

Je suis restée la femme pragmatique, la conductrice prudente que j’ai toujours été. Je me suis tapée mon heure et demie de route avec une playlist d’enfer et j’ai passé un week-end extraordinaire à la mer. Bien sûr, j’ai dormi et j’ai raté le petit déjeuner les deux jours. Mais les lunchs, les heures passées couchées au bord de la mer avec mon haut-parleur, puis assise au bar seule vont être ajoutées à mon palmarès de single lady sans aucune vergogne. Je me garderai bien entendu de comptabiliser le nombre de verre de vin blanc que j’ai bu au cours de la journée du samedi. Sachez seulement que j’ai pu regagner dignement ma chambre après avoir pris la peine d’apprécier un coucher de soleil pour la première fois de ma vie et que j’ai une quantité de selfies assez gênante sur mon smartphone. Au moins je n’ai rien publié sur les réseaux sociaux….

Alors, un week-end pas comme les autres pourquoi ? Eh bien, parce que j’ai su répondre les « Non monsieur, ça va », « Non, non, m pa p tann pèsonn. Se mwen seul ki la » avec le sourire et le regard déterminé qui s’imposait toutes les fois que cela a été nécessaire. Parce que j’ai pris plaisir à me retrouver seule avec moi-même au milieu des inconnus. Parce que j’ai pu reprendre la route dimanche après-midi comme une grande…  Je me dis d’ailleurs qu’il s’agit vraiment d’une expérience que je devrais faire tous les trois mois, ne serait-ce que pour me ressourcer et toujours me rappeler que je me suffis et que tout le reste est accessoire !

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Petite virée en enfer

Ou pase gaz deja ? Ou pete a ? Infirmières, médecins, parents et amis ne me posaient que cette seule question depuis ma sortie de la salle d’opération. Et ma réponse était invariablement la même : ce « non » qui me valait des regards désolés. Je ne comprenais pas l’importance soudaine de ce simple besoin psychologique auquel je n’avais jamais fait véritablement attention. Où était passée la discrétion dont on avait toujours fait montre sur cette histoire ? Depuis quand était-ce devenu un sujet de conversation ? J’étais un peu perdue. En fait, il y avait tellement de choses que je ne comprenais plus.

Tout est allé tellement vite. J’ai été comme prise dans un véritable tourbillon. J’avais passé une année entière à faire tous les arrangements devant mener à ce moment-là, mais vraiment rien ne m’avait préparée à ce que j’ai vécu au cours de ces dernières semaines. Ni mes trois brèves visites sur les lieux du crime (bien sûr, je parle de l’hôpital) et encore moins mes longues discussions avec mes proches.

Je reçois mon premier choc quand réquisition en main je passe à la Croix-Rouge. Et là commencera un va-et-vient entre l’hôpital et la Croix-Rouge pour moi. Parce que quelqu’un à l’un des bouts de la chaîne ne maîtrisait pas le processus, cela me prend deux jours. Deux journées pendant lesquelles j’ai côtoyé ces gens qui espéraient contribuer à sauver la vie d’un proche. Ceux qui, igloo en main, espéraient qu’on leur tendrait enfin une pochette de ce précieux liquide. Je garde encore en mémoire le souvenir de la déception que j’ai lue sur le visage de cette jeune femme qui, après avoir patienté des heures, s’est entendu dire : « Ou pa menm bezwen antre, ou pa gen ase pwa pou bay san. »

Je repense à l’inquiétude qui s’est emparée de moi quand j’ai constaté la rudesse et la désinvolture dont font preuve certains professionnels de la santé. Heureusement, je n’ai pas trop eu le temps de paniquer le jour J. Le temps que je comprenne ce qui m’arrivait j’étais déjà allongée sur un petit lit avec une injection intraveineuse. Pure coïncidence ou ultime cadeau du ciel, j’avais les mêmes allergies que l’infirmière qui s’occupait de moi. Ouf ! Il faut reconnaître que quand comme moi tu ne tolères pas un nombre impressionnant de médicaments, il y a de quoi devenir parano quand il te faut passer par la case anesthésie. Mais je suis là pour le raconter, preuve que j’étais en de bonnes mains.

J’ai quand même eu mon lot de mauvaises surprises. Après mes deux journées à la Croix-Rouge, tout a semblé résolu. Mes donneurs s’étaient sacrifiés et j’ai pu repartir avec ce fameux papier qui me donnait droit à deux pochettes de sang. Je devrais le rendre à l’hôpital, qui est régulièrement alimenté par la Croix-Rouge, lors de mon admission. Qu’est-ce que j’ai paniqué quand j’ai cru l’avoir oublié le matin de l’intervention. Mais en fait, je me faisais du souci pour rien. Ce cher papier sur le coup avait perdu sa force. D’après ce que j’ai cru comprendre, la Croix-Rouge, en rupture de stock, n’avait pas pu trouver de sang à m’envoyer malgré le don de mes proches dont le sang devait être traité avant de pouvoir être utilisé.

Pour moi, le sang n’était qu’un « back up plan ». Mais un back up qui m’aurait tellement rassurée au moment où je pénétrais la salle d’opération. Je ne me souviens plus de ce qui me passait par la tête à ce moment, mais une chose est sûre, je n’oublierai pas de sitôt cette voix que j’ai entendu dire, tout juste avant que je ne sois anesthésiée : « Nou jwenn on pòch san pou ou doc la ». J’apprendrai plus tard que l’on n’a pas eu à me transfuser mais que j’étais tellement stressée et agitée qu’on a dû m’administrer des calmants et me faire une anesthésie générale. Je suis sortie vraiment gaga du bloc. Mais pour mon malheur, cet état n’allait pas durer assez longtemps.

« Quand on t’a ramenée, on nous a remis une prescription. Tu allais te réveiller dans d’atroces douleurs, nous a-t-on dit, et il te faudrait ce médicament et aucun autre en raison de tes allergies », m’a rapporté ma mère. Et pendant les 4 heures qui ont suivi s’est tenue une véritable quête de cet élixir. Personne n’avait réalisé qu’un médicament aussi important pouvait être aussi rare jusqu’à ce que 8 pharmacies plus tard on ne l’ait pas trouvé. Et ce qui devait arriver, arriva. Je me réveillai alors que le médicament n’était pas encore là. Tout l’hôpital a dû m’entendre pendant un moment, alors jusqu’à ce que je n’aie plus eu la force de crier. Et puisque bien sûr mes allergies devaient aussi me faire des misères, j’ai aussi eu une crise d’éternuements alors que j’avais déjà l’impression que mes entrailles s’ouvraient à chaque respiration…

J’avais toujours cru qu’il s’agissait d’une simple figure de style quand les gens disaient qu’ils avaient une douleur à leur couper le souffle jusqu’à ce moment. Dieu merci la persévérance de mes proches a payé. Ils ont finalement trouvé l’antidouleur. La longue nuit qui s’en suivit fut assez mouvementée avec les va-et-vient des infirmières tâchant d’avoir raison de la fièvre qui ne baissait pas et de la douleur qui tenait à reprendre ses droits sur mon corps. Et finalement vint le matin. Le pire était passé. Il me fallut faire mes premiers pas, me faire à l’idée que je respirais encore et que je devais me préparer à vivre mon long rétablissement. Et le pete ? Oui, il est venu. Plus de 48 heures plus tard. Pendant que j’étais simplement installée dans mon lit. Loin du calme feutré de ma chambre d’hôpital. Et pendant au moins une semaine j’ai allègrement laissé sortir tous les gaz de mon petit corps. Sans aucune retenue !

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8 ans plus tard et ces mêmes fissures

C’était il y a 8 ans. Mais il faut bien peu d’efforts pour que toutes ces émotions rangées quelque part en nous remontent à la surface. Soudainement l’on se retrouve dans ce même cercle vicieux. Ces appels inquiets des proches de l’étranger. Ce besoin pressant de rappeler à nos proches combien ils sont importants. Cette peur latente de fermer la porte, d’éteindre la lumière, de s’endormir. Et toute cette douleur qui accompagne les souvenirs qui ne cessent d’affluer…

C’était il y a plus de 8 ans, mais ça fait toujours aussi mal. En fait, un peu même plus qu’avant quand on sait que huit années plus tard, les dangers restent les mêmes. Et que ceux-là qui avaient échappé à la catastrophe, ceux qui sont entrés dans nos vies après les événements, ceux-là même que nous avions appris à chérir avec la force du désespoir, ils sont tout aussi exposés à la violence de la nature que l’étaient les victimes du 12 janvier 2010.

C’était il y a 8 ans. C’était hier. Et depuis, la nature ne cesse de nous faire de petits clins d’oeil, histoire de nous rappeler qu’une fois encore on pourrait tout perdre.

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Un été vraiment pas comme les autres !

Il y a de cela quelques mois, j’ai fait une découverte qui, à défaut de changer ma vie, me marquera sans doute à jamais (littéralement, hein). On est un dimanche. Couchée sur le dos, les pieds plaqués au mur, je recherche désespérément les résultats de mes dernières semaines de travail assidu avec mon coach. Ça fait près de deux mois que j’ai lancé l’opération « Pran laru Pòtoprens toutouni » et honnêtement, je ne pense pas avoir perdu ne serait-ce qu’un cm de ventre. Frustrée, je palpe mon ventre à la recherche d’une quelconque explication. Une explication que je n’espérais pas trop trouver, jusqu’à ce que je croie sentir une masse sous mes doigts. Aurais-je mal fait mes exercices ? Peu probable. Je fais entièrement confiance à mon coach. Je décide donc de voir mon médecin dès le demain. Parce que moi, ce beach body, je le veux !

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Crédits : Charly Amazan

La sono m’éclaire bien vite. Rien à voir avec mes exercices. En fait, je suis simplement malade. Rien de particulièrement grave. Juste une de ces maladies qui ne cessent de gagner en popularité ces dernières années. Je ne sais pas si je dois me sentir soulagée ou si je dois paniquer. Mais sur le moment tellement de choses semblent prendre tout leur sens. Ma prise de poids aussi soudaine qu’incontrôlable et ce ventre qui devient de plus en plus gênant malgré les diètes les plus sévères… Je mets même mes sautes d’humeur sur le compte de cette maladie qui quelques années plus tôt en avait fait voir de toutes les couleurs à ma mère. Non, elle n’est pas héréditaire, insiste le médecin, mais ça ne suffira pas pour m’ôter de la tête que c’est de là qu’elle me vient. Pour moi, c’est la seule explication logique.

Le temps que je me fasse à l’idée que je n’étais plus en aussi bonne santé que je le croyais, il me fallait déjà prendre une décision. J’avais certes découvert l’anomalie assez tôt, mais dans ma situation, aucun médicament ne pouvait m’aider. Je n’avais qu’une option : l’intervention chirurgicale. Je ne sais pas si c’est différent dans les autres cultures, mais d’après ce que j’ai constaté, les opérations, nous Haïtiens ne les aimons pas vraiment. Et bien sûr, je ne suis pas l’exception qui viendra confirmer cette règle. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je consulte quatre spécialistes – qui, soit dit en passant, me font tous le même diagnostic – faisant traîner le dossier pour plus d’un an. Puis, vint la recherche du bon moment car l’intervention exige un repos de plusieurs semaines. L’étudiante finissante que je suis ne peut abandonner ses cours du jour au lendemain. Oui oui, toutes les raisons sont bonnes pour retarder le moment de passer sous le bistouri !

Mais je ne peux pas éternellement éviter ce passage obligé. Finalement, je décide que l’été est le bon moment. Le début de l’été idéalement. Mais entre imprévus et moments de pure panique, tout est finalement arrangé pour la fin de l’été. J’ai la chance de profiter des vacances autant que je pouvais me le permettre quand on sait que mon corps n’était plus dans l’état dans lequel il devrait être depuis un moment déjà. Outre la gêne que ma maladie me procurait, il me fallait aussi supporter les commentaires que certains faisaient fort souvent sans aucun tact sur ma morphologie. Mais il me faudrait encore plus que ça pour que je souhaite me précipiter sur la table d’un chirurgien. Je voulais jouir de ces journées d’été comme si chacune serait ma dernière sur cette terre. Je voulais être prête autant économiquement que psychologiquement pour cette expérience que ma famille redoutait autant que moi, sinon plus. Et tout ceci aidant, je pourrais bien dire que j’ai fini par passer un des plus beaux étés de ma vie. Un été définitivement pas comme les autres !

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Oh, mais ça arrive aussi aux femmes de 30 ans, ou presque

Non, mais qu’est-ce qui m’arrive ?! Les femmes de 30 ans ou presque ne réagissent plus comme ça que je sache ! Les hommes, je connais et je ne suis même pas sûre d’en vouloir encore. Alors pourquoi suis-je là à surveiller mon téléphone, vérifiant que la sonnerie soit activée, que la batterie soit chargée… Bref que ce petit appareil soit en mesure de recevoir cet appel qui ne vient pas ? Voilà des jours que je poireaute. Moi qui croyais que ça ne prendrait que quelques heures ! Ah les hommes, c’est qu’ils ont l’art de vous donner de faux espoirs.

 

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Crédits : Sten Berlin

Je vous assure que je ne suis pas en train de me faire un film. Vous auriez dû voir comment il m’a regardée. Il y a eu tous ces coups d’œil furtifs. Un peu comme s’il ne voulait pas que je me rende compte que j’avais capté son attention d’abord. Puis, il s’est décidé à soutenir mon regard. Un regard profond, expressif, troublant… Il s’est carrément mis à me fixer, à me narguer, genre « Je te veux, et alors ? ». Bien sûr, cela a aiguisé mon intérêt. On s’est jaugé pendant ce qui m’a paru être une éternité. Puis on s’est quittés avec un sourire. Ce petit geste qui ouvre bien des portes…

En effet, déjà cet échange avait créé un lien entre nous, ouvrant un sentier qu’il a simplement suivi. Ce chemin lui a permis de me retrouver près de trente minutes plus tard, enfermée dans mon bureau. D’un ton naturel, il s’est présenté, ignorant la surprise qui devait se lire sur mon visage. Et moi, je l’ai écouté. Comme si je ne connaissais pas déjà son nom et sa fonction par cœur. Comme si je n’avais pas lu une bonne dizaine d’articles à son sujet au cours des derniers mois. Comme si je n’avais pas débattu son parfum avec mes amies à diverses reprises. Naturellement, il m’a demandé mon numéro et s’est poliment enquis des heures auxquelles il pouvait m’appeler. Non, mais quel gentleman ! Dois-je ajouter que j’ai fondu ? Genre littéralement ?

Bien sûr, je ne me suis pas fait prier pour lui filer mon numéro. Je veux dire, on ne refuse pas son numéro à un homme pareil. D’ailleurs, pour être encore plus honnête, pourquoi refuserais-je mon numéro à cet homme que j’avais croisé et eu le plaisir d’admirer à maintes reprises quand enfin il se décidait à le demander ? Qu’avais-je à perdre au juste ? Ma dignité ? Oh mais, quelle idée ! Vu le ton désintéressé avec lequel j’égrainais les chiffres on aurait pu difficilement deviner mon enthousiasme. Et de toute façon, il y’avait des occasions auxquelles on ne pouvait tourner le dos. Rien que ça ! De plus, je n’ai de cesse de le dire, arriver à me soutirer mon numéro ne veut rien dire. Il faut arriver à me faire décrocher le téléphone quand on appelle avant de crier victoire. Nouveau challenge, alors ?

En fait, sur ce coup, c’était à moi de crier victoire. Cet homme qui avait capté mon attention des mois auparavant s’était finalement décidé à franchir le pas. Il m’avait adressé la parole. Mais mieux encore, il avait demandé mon numéro, avant de se renseigner sur ma disponibilité. C’était bien trop beau pour être vrai, non ? J’étais ce qu’il y avait de plus excité. Déjà je réfléchissais à l’attitude qu’il me faudrait adopter quand il appellerait. Devrais-je décrocher à la troisième sonnerie ? Décrocher rapidement et me prétendre occupée ? Pour calmer mon angoisse, j’ai commencé par le googler. Son curriculum vitae imposant ne fit que m’impressionner davantage. Sur le moment, j’ai bien cru que j’étais la femme la plus chanceuse du monde, okay, d’Haïti seulement…

Et l’attente a commencé. Au cours des jours qui ont suivi, jamais le niveau de ma batterie n’a été plus bas que 40%. J’ai dû changer la sonnerie de mon portable au moins quatre fois. Il n’était pas question que je rate un appel faute d’avoir entendu sonner le téléphone. Et j’ai attendu. Deux jours. Trois semaines. Puis quatre mois. Et toujours rien. Puis, finalement, je me suis rendue à l’évidence, porter un homme à me demander mon numéro ne vaut pas grand-chose. Il faut surtout arriver à l’inspirer assez pour qu’il se décide à le composer. Après tout, le véritable succès de l’opération pour lui aurait bien pu se retrouver dans le fait d’être arrivé à soutirer son numéro personnel à cette femme réputée zuzu, austère, désintéressée… Et ainsi fut prise celle qui croyait prendre !

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Fête de la musique : Petite célébration pour marquer une grande occasion

Le 21 juin ramène la fête de la musique. Dans la centaine de pays qui célèbre cette date, festivals et concerts, gratuits pour la plupart, sont organisés à l’occasion. Cette année, la fête de la musique a eu lieu en pleine Coupe du monde, en une journée mitigée, marquée par une cuisante défaite de la sélection Argentine de football, équipe très adulée chez nous, la veille d’une rencontre déterminante pour le Brésil et ses nombreux fans haïtiens. Plus d’un aurait dit que le cœur n’était pas trop à la fête. D’ailleurs, outre les traditionnels rendez-vous du jeudi, il n’y avait qu’une seule affiche véritablement conçue pour marquer cette fête : un Jam session organisé par Handzup group, Partying in Haiti et Chokarella.

 

#Avèk BelO
Crédits : Bernard Delva

Jojo restaurant, établissement encore en vogue à Pétion-ville après avoir ait passé le cap de sa première année d’existence, accueille ce « jam session » en ce premier jour d’été. L’espace agrémenté de drapeaux est visiblement en mode Coupe du monde. Aucune disposition spéciale pour le concert, sinon un modeste stage et des tables disposées dans la cour du restaurant. Les serveurs, eux, semblent totalement dépassés. Il faut un temps fou pour se faire servir. Mais quand le spectacle aussi accuse un retard de plus de deux heures, on ne sait même pas trop à qui tenir rigueur. Il faudrait bien entendu plus que cela pour décourager ce public habitué aux aléas de l’événementiel haïtien. Le temps est maintenant dégagé, il y aura bientôt de la musique et Jojo est reconnu pour sa bonne cuisine. Donc voilà, on n’en demande pas plus !

De nombreux artistes et personnalités ont répondu positivement à l’invitation des instigateurs de la soirée et se mélangent allègrement au public. L’ambiance est des plus conviviales. Entre embrassades et selfies, l’assistance prend l’allure de vives retrouvailles autour de la musique. Lisez la suite de l’article sur Ticket

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Nocturne à la Galerie Monnin

Le saviez-vous ? La Galerie Monnin a récemment changé d’adresse. Après le boulevard Jean Jacques Dessalines au centre-ville, puis la rue Lamarre à Pétion-Ville, c’est désormais à Laboule 17 que Gael Monnin, gérante de la galerie, accueille depuis le 2 décembre 2017 les férus d’art, du mardi au dimanche. Et le mardi, à partir de 7 h p.m., la galerie reçoit les noctambules dans le cadre de sa nocturne hebdomadaire dénommée Galerie Monnin’s Tuesday Art Vibes à laquelle Ticket a fait un tour cette semaine. 

 

 

Mardi soir 12 juin, 7 h 32 p.m. On passe la barrière des nouveaux locaux de la Galerie Monnin. On a l’impression de pénétrer une demeure privée. Et cette première impression est la bonne. « C’est la maison de mes grands-parents. J’ai grandi dans cette propriété », nous confirme, Gael Monnin, gérante de cette galerie qui a été fondée en 1956. En quête d’un endroit où abriter la galerie grandement menacée par le marché qui telle une pieuvre continue à étendre ses tentacules, la jeune femme raconte que sa famille n’a cessé de battre en retrait. Après s’être dirigée vers la rue Lamarre, elle s’est purement et simplement réfugiée dans les hauteurs de la ville.

Le travail pour changer cette maison familiale en véritable caverne d’Ali Baba a dû être considérable. Salle d’attente, balcons et même les toilettes… tout a été transformé. Au premier niveau, certains murs semblent même crouler sous le poids des tableaux. Mais la symétrie recherchée par le curateur n’en est pas moins évidente. Toujours au rez-de-chaussée, il y a cette pièce à l’allure de boudoir où un triptyque formant le portrait d’un homme retient notre attention. Un peu plus loin, une autre petite chambre au caractère intime avec lumière tamisée et habillée de pièces liées au vaudou est tout aussi remarquable. Et, bien sûr, on ne saurait oublier le coin selfie où, devant ce tourbillon de chiffres signé Pascale Monnin, divers visiteurs ont posé.

Mais, outre ces différentes œuvres d’art, tableaux et sculptures éparpillés çà et là dans le bâtiment, le public dispose aussi d’autres attractions à l’étage. Lisez la suite de l’article sur Ticket

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Et même dans une autre vie, je t’aurais choisi !

À chaque fois que l’on me demandait dans quelle autre période que j’aurais voulu vivre, j’ai toujours répondu sans hésiter au temps de « L’impératrice Sissi ». Rien que de repenser à ses tenues, je vibre encore un peu. Pourtant, un beau soir, mes souhaits pour mon autre vie ont changés. J’ai arrêté d’envier Romy Scheneider qui, le temps d’un film avait vécu à Schönbrunn, aimée du beau et jeune prince Frantz.

Oui oui, qu’elle garde son trône, ses ennemis, et ses guerres aussi. Moi, dans une autre vie, j’aurais voulu vivre en Haïti. L’Haïti de jadis. Celle où l’on faisait la fête jusqu’aux petites heures du matin sur le Bicentenaire. Celle où l’on dansait toute la nuit à Cabane Choucoune, la Cathédrale de la musique, comme feu Joe Trouillot l’appelait.

Au lieu d’aller travailler à la rue du centre comme je le fais maintenant, je m’y serais plutôt rendue pour danser au son de la musique de « Jazz des jeunes ». L’amoureuse de musique latine, du tambour et des chansons traditionnelles que je suis aurait tellement profité de cette époque.

Quand Ti Roro, Jérémie et Ti Marcel jouaient au tambour, que la cubaine Celia Cruz animait les soirées et faisait salle comble au Théâtre De Verdure aussi bien qu’à Cabane Choucoune, que la jeune Emerante de Pradines chantait et dansait, que Martha Jean-Claude, Lina Mathon Blanchet, Lumane Casimir comblaient le public… Ahhh m t ap danse Kongo jis tan kò m fè m mal !

C’est que même dans une autre vie, je t’aurais choisi, toi, mon cher pays. Merci encore à Frantz Voltaire de m’avoir fait découvrir cette époque qui m’aurait si bien convenue à travers « Sòti nan Mereng rive nan konpa Dirèk », un documentaire que je recommande !

N.B : Ce texte a été écrit en avril 2015. Je l’ai retrouvé par hasard sur mon iPod. Difficile de croire que je ne l’avais jamais publié.

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« Le Getaway week-end » : une virée au Cap-Haïtien

Crédits : Charly Amazan

C’était le moment idéal pour une escapade, pour s’éloigner de l’effervescence de la capitale. Beau temps, long week-end, et avec cette fête nationale qui continue à susciter l’élan patriotique chez les Haïtiens, se diriger vers une ville de province se trouvait aussi bien indiqué. Le Cap, destination de plus en plus populaire auprès des amateurs de tourisme local, a su retenir l’attention. En avion, voiture privée ou encore en transport en commun, ils sont en effet nombreux à avoir mis le cap sur la cité christophienne. On pouvait pressentir que « ta pral gen anbyans nan vil la ».

Outre la panoplie d’activités prévue par les habitants de la deuxième ville du pays qui n’ont, semble-t-il, plus rien à envier aux Port-au-Princiens en termes d’entertainment, il y a aussi la 6e édition de « Le Getaway » – ce concept au combo gagnant qui propose de se mettre en mode touriste et de faire la fête – qui se tient dans la cité en ce week-end de la fête du drapeau. Avec différents packages incluant transport, nourriture, logement – à l’hôtel Satama, nouvelle sensation du Cap-Haïtien – et des possibilités d’excursions pour les intéressés, l’événement a attiré bien du monde venu tant de la capitale que de l’extérieur, tous disposés à partir à la découverte du Cap dans une ambiance festive.

Le coup d’envoi du Getaway est donné dans la soirée du 18 mai à Lakay restaurant. Lisez la suite de l’article sur Ticket

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Confessions d’une cliente volage – Épisode 2

Des beauty lounge/bar qui peuplent Pétion-ville aux petits studios de quartier, j’en ai expérimenté un grand nombre. J’ai vu et entendu des choses. Je suis sortie frustrée de certains et particulièrement satisfaite d’autres ou des mêmes. [Rires…] Ce sont ces multiples expériences que je me propose de partager ici. Je me ferai aussi un plaisir de parler de ce petit groupe d’établissements où je continue à me rendre régulièrement – enfin plus ou moins. Qu’ont-ils fait pour me garder tandis que ce marché devient de plus en plus compétitif et que moi je suis une cliente volage ? Je vous parle cette semaine d’Eklà, une institution que j’ai découverte sur Instagram et que je me suis mise à fréquenter il y a moins d’un an.

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Eklà – Love at first sight

Ah, si je ne me retenais pas, je pourrais bien me laisser enchaîner par le service d’Eklà. J’ai dû me rendre à cet établissement près d’une dizaine de fois et jamais encore je n’ai eu de raison de me plaindre. Plutôt difficile à croire ça ! Non, ce n’est pas que je sois une cliente particulièrement difficile. Ou peut-être que si. Antouka, une chose est sûre, si je ne m’en tenais qu’à ma dernière expérience, eh bien jamais je n’irais ailleurs !

Je me suis fait une entorse au pied au début du mois d’avril. Si vous me suivez sur Instagram vous avez même dû voir docteur Nau me poser ce fameux bandage rose que j’ai gardé pendant dix jours. Mais, outre la grande douleur physique qui a accompagné cet épisode, – et je n’exagère même pas ! Je revois encore la tête de mon ami quand j’ai éclaté en sanglots dans la voiture. Si je n’avais pas trop mal, j’en aurais sûrement ri ! – il y avait une toute aussi grande douleur morale/émotionnelle. Je ne sais pas trop comment la qualifier.

Je tente de m’expliquer : ceux qui me connaissent savent bien que je suis une vraie maniaque des ongles. Pour avoir été particulièrement complexée par mes petits bouts d’ongles pendant mon adolescence, j’ai mis un point d’honneur à en prendre soin en grandissant. C’était, selon moi, le seul moyen de les rendre acceptable. Alors le lien avec mon entorse ? Eh bien oui, mon accident a eu lieu le dernier jour de mes vacances dans le Nord du pays. J’ai fini avec le pied dans un bandage alors que ma dernière pédicure datait déjà de plus de dix jours. Une véritable catastrophe !

Ainsi, une fois les 48 heures de repos complet prescrites par le médecin terminées, mon premier arrêt a été au salon de beauté. J’avais pris rendez-vous avec Eklà. Parce que dans mon état – je marchais difficilement et je devais encore prendre des antidouleurs pour dormir la nuit – c’était mieux de m’assurer que je puisse être servie rapidement.

Quand je suis arrivée à Eklà, la même dame qui m’avait lavé les cheveux les fois précédentes m’attendait. Deux autres filles étaient aussi prêtes à s’occuper de mes ongles. Avec tous les soins du monde et le moins de dérangement possible, je me suis retrouvée prête à partir au bout de 90 minutes. Un timing parfait.

Dommage que leurs noms ne soient pas écrits sur leur corsage. Mais le service m’a marquée. Elles ont tout fait pour m’accommoder. Pour elles, il n’était pas question que je me déplace plus que nécessaire. Et il m’est tout simplement impossible de décrire la délicatesse avec laquelle on a pris soin de mon pied malade. Quand on ajoute à cela la sollicitude la propriétaire…

Entre suggestions et conseils, Christina a tout fait pour m’aider. En fait, pour être tout à fait honnête, si la gentillesse du propriétaire suffisait dans le choix d’un studio de beauté, il n’y a pas de doute que j’aurais été entièrement fidèle à Eklà ! C’est qu’elle est toute jolie, toujours disposée et disponible, compétente, avenante et tout ce qu’un client peut souhaiter, cette chère Christina. J’y repense et déjà j’ai hâte de prendre mon prochain rendez-vous à Eklà !

En résumé

L’accueil : Il est tout simplement excellent. Puisque je n’arrive jamais à l’improviste à Ekla, je suis toujours particulièrement satisfaite d’y trouver des esthéticiennes prêtes à me servir.

Le service : Jusqu’à présent, je n’ai aucune raison de me plaindre. J’ai toujours été servie par les mêmes personnes. Dommage que je n’aie pas pu retenir de noms pour faire des suggestions. Quand je sors de cet espace, j’ai les cheveux et les ongles « on point » ! Les dames utilisent aussi des marques de produits assez intéressantes.

Le prix : Non, ce n’est pas donné. Mais les prix des services de base sont acceptables, surtout quand on prend en compte la qualité du service offert et du confort dont on jouit dans ce salon.