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Book Reviews, DaffReads

2019 : entre bilan et perspectives…

On va commencer par dire que pour 2018, j’ai lu bien plus que je n’ai écrit ! Alors quand on ne compte pas ces multiples longs paragraphes que j’ai dû envoyer à certaines personnes et toutes ces notes que j’ai prises pour des textes que je n’ai finalement pas écrits… Une chose est pourtant sûre, ceux qui me suivent ici n’ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Aussi, je me suis sentie un tantinet coupable en renouvelant mon plan avec WordPress au début du mois de décembre. Je reviens tout de même vers vous avec d’autres plans et promesses.

Crédits : Bernard Delva Location : Bibliothèque Michèle Tardieu

Pour 2018 j’avais fixé la barre plutôt haut. Trop haut en fait. J’espérais lire 60 livres. Mais j’ai dû me rendre à l’évidence bien vite : il n’était pas possible d’être une salariée et une étudiante à plein temps et d’arriver à lire un livre par semaine avec 8 « degi » … En fait, je ne suis arrivée à en lire que 29. Même pas la moitié. Quelle déconvenue ! Néanmoins, certains ont été particulièrement inspirants et m’ont laissé une certaine satisfaction malgré ma déception d’être tombée aussi loin de mon objectif premier.

Le top 10 de mes belles lectures de 2018

1. « We’re going to need more wine », Gabrielle Union. C’est le premier livre que j’ai lu pour l’année. Et je n’aurais pu faire meilleur choix. J’ai d’abord vu sous un autre angle cette actrice que j’avais toujours adulée, surtout avec son rôle dans « Being Mary Jane ». J’ai adoré rentrer dans son quotidien, son intimité. Soudainement, elle devenait humaine. Je me suis même un peu retrouvée dans certaines de ses expériences personnelles. Je recommande défininitement cet ouvrage qui m’a portée à changer mon regard sur bien des choses.

2. « milk and honey », Rupi Kaur. Ce n’est pas juste un de ces ouvrages populaires. Bien que je concède l’avoir acheté juste parce que des citations de Rupi Kaur avaient envahi mon timeline. Mais je n’ai pas eu à regretter mon choix. J’ai traversé en un tour de main les 4 sections de l’ouvrage : « The hurting », « The loving », « The breaking », « The healing ». Et je ne compte pas le nombre de fois que j’y suis retournée en quête d’un passage qui traduirait exactement mes sentiments du moment.

3. « Les dix petits nègres », Agatha Christie. J’avais lu ce livre il y’a de cela plusieurs années. Mais, bien que je connaissais déjà la fin, j’ai pris plaisir à relire cet ouvrage que je considère comme un véritable chef-d’œuvre d’Agatha.

4. « Pwomès », Lyonel Trouillot. Depuis que je les ai découverts, les poèmes de Trouillot sont devenus une addiction pour moi. Je les lis et relis. Je ne m’en lasse pas.

5. « Crazy Rich Asian », Kevin Kwan. Mon voyage en Asie à travers la trilogie de Kwan, un total de 1564 pages, a été un événement marquant de mon année. Une lecture facile, rafraîchissante, instructive et carrément hilarante par moments.

6. « Le désir est un visiteur silencieux », Emmelie Prophète. C’est la première fois que je lisais un livre d’Emmelie Prophète et je n’ai pas été déçue. j’ai adoré me retrouver dans cette rue ordinaire de Martissant et me plonger dans la vie de Claudette, de la mère de cette dernière et de ses voisines.

7. « Cris du cœur », Labrune Mainsour. J’ai aimé la diversité retrouvée dans ces 16 nouvelles. Il s’agit certes d’histoires de femmes, mais j’ai eu un peu l’impression qu’elles s’attaquaient chacune à une facette de la vie de la femme.

8. « We should all be feminist », Chimamanda Ngozi Adichie. Je ne me clame pas féministe à tort et à travers. Mais 30 ans déjà que je suis de sexe féminin, ce serait bien con de ma part de ne pas supporter ma cause. Ce tout petit livre a mis l’accent sur bien des choses qui m’ont révoltée au cours de ma jeune vie et a renforcé ma volonté à vouloir bouleverser l’ordre actuel des choses.

 9. « Écorchées vivantes », sous la direction de Martine Fidèle. Je ne suis pas trop fan des recueils de nouvelles regroupant le travail de plusieurs auteurs. Mais celui-là a été une exception. J’ai apprécié ce moment d’intimité avec ces femmes qui tour à tour m’ont dévoilé un pan de leur vie.

10. « Onze Minutes » Paulo Coelho. J’ai trimballé ce livre avec moi pendant des semaines, ou peut-être même des mois, sans arriver à lire plus d’une dizaine de pages. Puis, sans que je ne m’explique trop ma motivation, je l’ai recommencé plus d’un an plus tard. Et là, je l’ai littéralement dévoré en moins de 48 heures. La fin n’était pas trop à mon goût, mais c’est de loin mon Paulo Coelho préféré.

Fort de si belles expériences livresques, je ne peux que démarrer 2019 du bon pied. J’ai revu mes objectifs à la baisse cette année, côté quantité. Mais j’espère bien que du point de vue de la qualité, j’irai bien au-delà de tout ce à quoi j’aurais bien pu m’attendre. J’espère lire 40 livres cette année, dont 15 non-fictions. 3 livres par mois et 4 bonus. Les livres de janvier ? « The ex », Alafair Burke, « The wife », Alafaire Burke (pi rèd) et « Becoming », Michelle Obama. Et vous, quelles sont vos perspectives ? Que lisez-vous en ce premier mois de 2019 ?

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Petite virée en enfer

Ou pase gaz deja ? Ou pete a ? Infirmières, médecins, parents et amis ne me posaient que cette seule question depuis ma sortie de la salle d’opération. Et ma réponse était invariablement la même : ce « non » qui me valait des regards désolés. Je ne comprenais pas l’importance soudaine de ce simple besoin psychologique auquel je n’avais jamais fait véritablement attention. Où était passée la discrétion dont on avait toujours fait montre sur cette histoire ? Depuis quand était-ce devenu un sujet de conversation ? J’étais un peu perdue. En fait, il y avait tellement de choses que je ne comprenais plus.

Tout est allé tellement vite. J’ai été comme prise dans un véritable tourbillon. J’avais passé une année entière à faire tous les arrangements devant mener à ce moment-là, mais vraiment rien ne m’avait préparée à ce que j’ai vécu au cours de ces dernières semaines. Ni mes trois brèves visites sur les lieux du crime (bien sûr, je parle de l’hôpital) et encore moins mes longues discussions avec mes proches.

Je reçois mon premier choc quand réquisition en main je passe à la Croix-Rouge. Et là commencera un va-et-vient entre l’hôpital et la Croix-Rouge pour moi. Parce que quelqu’un à l’un des bouts de la chaîne ne maîtrisait pas le processus, cela me prend deux jours. Deux journées pendant lesquelles j’ai côtoyé ces gens qui espéraient contribuer à sauver la vie d’un proche. Ceux qui, igloo en main, espéraient qu’on leur tendrait enfin une pochette de ce précieux liquide. Je garde encore en mémoire le souvenir de la déception que j’ai lue sur le visage de cette jeune femme qui, après avoir patienté des heures, s’est entendu dire : « Ou pa menm bezwen antre, ou pa gen ase pwa pou bay san. »

Je repense à l’inquiétude qui s’est emparée de moi quand j’ai constaté la rudesse et la désinvolture dont font preuve certains professionnels de la santé. Heureusement, je n’ai pas trop eu le temps de paniquer le jour J. Le temps que je comprenne ce qui m’arrivait j’étais déjà allongée sur un petit lit avec une injection intraveineuse. Pure coïncidence ou ultime cadeau du ciel, j’avais les mêmes allergies que l’infirmière qui s’occupait de moi. Ouf ! Il faut reconnaître que quand comme moi tu ne tolères pas un nombre impressionnant de médicaments, il y a de quoi devenir parano quand il te faut passer par la case anesthésie. Mais je suis là pour le raconter, preuve que j’étais en de bonnes mains.

J’ai quand même eu mon lot de mauvaises surprises. Après mes deux journées à la Croix-Rouge, tout a semblé résolu. Mes donneurs s’étaient sacrifiés et j’ai pu repartir avec ce fameux papier qui me donnait droit à deux pochettes de sang. Je devrais le rendre à l’hôpital, qui est régulièrement alimenté par la Croix-Rouge, lors de mon admission. Qu’est-ce que j’ai paniqué quand j’ai cru l’avoir oublié le matin de l’intervention. Mais en fait, je me faisais du souci pour rien. Ce cher papier sur le coup avait perdu sa force. D’après ce que j’ai cru comprendre, la Croix-Rouge, en rupture de stock, n’avait pas pu trouver de sang à m’envoyer malgré le don de mes proches dont le sang devait être traité avant de pouvoir être utilisé.

Pour moi, le sang n’était qu’un « back up plan ». Mais un back up qui m’aurait tellement rassurée au moment où je pénétrais la salle d’opération. Je ne me souviens plus de ce qui me passait par la tête à ce moment, mais une chose est sûre, je n’oublierai pas de sitôt cette voix que j’ai entendu dire, tout juste avant que je ne sois anesthésiée : « Nou jwenn on pòch san pou ou doc la ». J’apprendrai plus tard que l’on n’a pas eu à me transfuser mais que j’étais tellement stressée et agitée qu’on a dû m’administrer des calmants et me faire une anesthésie générale. Je suis sortie vraiment gaga du bloc. Mais pour mon malheur, cet état n’allait pas durer assez longtemps.

« Quand on t’a ramenée, on nous a remis une prescription. Tu allais te réveiller dans d’atroces douleurs, nous a-t-on dit, et il te faudrait ce médicament et aucun autre en raison de tes allergies », m’a rapporté ma mère. Et pendant les 4 heures qui ont suivi s’est tenue une véritable quête de cet élixir. Personne n’avait réalisé qu’un médicament aussi important pouvait être aussi rare jusqu’à ce que 8 pharmacies plus tard on ne l’ait pas trouvé. Et ce qui devait arriver, arriva. Je me réveillai alors que le médicament n’était pas encore là. Tout l’hôpital a dû m’entendre pendant un moment, alors jusqu’à ce que je n’aie plus eu la force de crier. Et puisque bien sûr mes allergies devaient aussi me faire des misères, j’ai aussi eu une crise d’éternuements alors que j’avais déjà l’impression que mes entrailles s’ouvraient à chaque respiration…

J’avais toujours cru qu’il s’agissait d’une simple figure de style quand les gens disaient qu’ils avaient une douleur à leur couper le souffle jusqu’à ce moment. Dieu merci la persévérance de mes proches a payé. Ils ont finalement trouvé l’antidouleur. La longue nuit qui s’en suivit fut assez mouvementée avec les va-et-vient des infirmières tâchant d’avoir raison de la fièvre qui ne baissait pas et de la douleur qui tenait à reprendre ses droits sur mon corps. Et finalement vint le matin. Le pire était passé. Il me fallut faire mes premiers pas, me faire à l’idée que je respirais encore et que je devais me préparer à vivre mon long rétablissement. Et le pete ? Oui, il est venu. Plus de 48 heures plus tard. Pendant que j’étais simplement installée dans mon lit. Loin du calme feutré de ma chambre d’hôpital. Et pendant au moins une semaine j’ai allègrement laissé sortir tous les gaz de mon petit corps. Sans aucune retenue !

Lifestyle

8 ans plus tard et ces mêmes fissures

C’était il y a 8 ans. Mais il faut bien peu d’efforts pour que toutes ces émotions rangées quelque part en nous remontent à la surface. Soudainement l’on se retrouve dans ce même cercle vicieux. Ces appels inquiets des proches de l’étranger. Ce besoin pressant de rappeler à nos proches combien ils sont importants. Cette peur latente de fermer la porte, d’éteindre la lumière, de s’endormir. Et toute cette douleur qui accompagne les souvenirs qui ne cessent d’affluer…

C’était il y a plus de 8 ans, mais ça fait toujours aussi mal. En fait, un peu même plus qu’avant quand on sait que huit années plus tard, les dangers restent les mêmes. Et que ceux-là qui avaient échappé à la catastrophe, ceux qui sont entrés dans nos vies après les événements, ceux-là même que nous avions appris à chérir avec la force du désespoir, ils sont tout aussi exposés à la violence de la nature que l’étaient les victimes du 12 janvier 2010.

C’était il y a 8 ans. C’était hier. Et depuis, la nature ne cesse de nous faire de petits clins d’oeil, histoire de nous rappeler qu’une fois encore on pourrait tout perdre.

Lifestyle

Un été vraiment pas comme les autres !

Il y a de cela quelques mois, j’ai fait une découverte qui, à défaut de changer ma vie, me marquera sans doute à jamais (littéralement, hein). On est un dimanche. Couchée sur le dos, les pieds plaqués au mur, je recherche désespérément les résultats de mes dernières semaines de travail assidu avec mon coach. Ça fait près de deux mois que j’ai lancé l’opération « Pran laru Pòtoprens toutouni » et honnêtement, je ne pense pas avoir perdu ne serait-ce qu’un cm de ventre. Frustrée, je palpe mon ventre à la recherche d’une quelconque explication. Une explication que je n’espérais pas trop trouver, jusqu’à ce que je croie sentir une masse sous mes doigts. Aurais-je mal fait mes exercices ? Peu probable. Je fais entièrement confiance à mon coach. Je décide donc de voir mon médecin dès le demain. Parce que moi, ce beach body, je le veux !

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Crédits : Charly Amazan

La sono m’éclaire bien vite. Rien à voir avec mes exercices. En fait, je suis simplement malade. Rien de particulièrement grave. Juste une de ces maladies qui ne cessent de gagner en popularité ces dernières années. Je ne sais pas si je dois me sentir soulagée ou si je dois paniquer. Mais sur le moment tellement de choses semblent prendre tout leur sens. Ma prise de poids aussi soudaine qu’incontrôlable et ce ventre qui devient de plus en plus gênant malgré les diètes les plus sévères… Je mets même mes sautes d’humeur sur le compte de cette maladie qui quelques années plus tôt en avait fait voir de toutes les couleurs à ma mère. Non, elle n’est pas héréditaire, insiste le médecin, mais ça ne suffira pas pour m’ôter de la tête que c’est de là qu’elle me vient. Pour moi, c’est la seule explication logique.

Le temps que je me fasse à l’idée que je n’étais plus en aussi bonne santé que je le croyais, il me fallait déjà prendre une décision. J’avais certes découvert l’anomalie assez tôt, mais dans ma situation, aucun médicament ne pouvait m’aider. Je n’avais qu’une option : l’intervention chirurgicale. Je ne sais pas si c’est différent dans les autres cultures, mais d’après ce que j’ai constaté, les opérations, nous Haïtiens ne les aimons pas vraiment. Et bien sûr, je ne suis pas l’exception qui viendra confirmer cette règle. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je consulte quatre spécialistes – qui, soit dit en passant, me font tous le même diagnostic – faisant traîner le dossier pour plus d’un an. Puis, vint la recherche du bon moment car l’intervention exige un repos de plusieurs semaines. L’étudiante finissante que je suis ne peut abandonner ses cours du jour au lendemain. Oui oui, toutes les raisons sont bonnes pour retarder le moment de passer sous le bistouri !

Mais je ne peux pas éternellement éviter ce passage obligé. Finalement, je décide que l’été est le bon moment. Le début de l’été idéalement. Mais entre imprévus et moments de pure panique, tout est finalement arrangé pour la fin de l’été. J’ai la chance de profiter des vacances autant que je pouvais me le permettre quand on sait que mon corps n’était plus dans l’état dans lequel il devrait être depuis un moment déjà. Outre la gêne que ma maladie me procurait, il me fallait aussi supporter les commentaires que certains faisaient fort souvent sans aucun tact sur ma morphologie. Mais il me faudrait encore plus que ça pour que je souhaite me précipiter sur la table d’un chirurgien. Je voulais jouir de ces journées d’été comme si chacune serait ma dernière sur cette terre. Je voulais être prête autant économiquement que psychologiquement pour cette expérience que ma famille redoutait autant que moi, sinon plus. Et tout ceci aidant, je pourrais bien dire que j’ai fini par passer un des plus beaux étés de ma vie. Un été définitivement pas comme les autres !

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Retour sur : Limena (sous la direction de Gary Victor)

Je dois l’avouer, j’ai entamé cet ouvrage avec de nombreuses appréhensions. Pour commencer, j’ai eu l’impression d’avoir été arnaquée après l’avoir acheté. J’ai en effet cru acheter un titre de Gary Victor plutôt qu’un livre réalisé sous la direction de cet auteur qui a marqué mon enfance avec d’abord le feuilleton « Djamina », que publiait Le p’tit Nouvelliste, et des romans comme « Le diable dans un thé à la citronnelle » et « À l’angle des rues parallèles », que je souhaiterais d’ailleurs relire maintenant que je suis susceptible de mieux comprendre ces histoires.

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Crédits : Charly Amazan

Je voulais donc en quelque sorte renouer avec le Gary de mon enfance. Et mon choix s’est porté sur « Limena » tandis que je scrutais la liste des ouvrages disponibles à la 24e édition de Livres en folie. Je devrais peut-être vérifier à nouveau, mais je ne pense pas que sous la direction de était mentionné sur la liste aux côtés du nom de Gary Victor. Ce n’est qu’une fois le livre payé, puis livré que je me suis rendu compte de ma méprise. Et bien sûr, il était déjà trop tard.

Puisque j’ai transformé en porte-documents « PetroCaribe : mon combat pour la reddition de comptes », l’ouvrage du sénateur Youri Latortue que j’avais commencé à lire, je me suis tournée vers « Limena ». Je ne saurais dire si mes appréhensions initiales en sont la cause, mais vraiment j’ai eu du mal à aller au bout de ce recueil de nouvelles.

Entre les brusques transports dans le temps, les passages inattendus du discours direct au discours indirect, les cassures entre les paragraphes et ces conclusions qui vous laissent sur des histoires non finies, je ne sais plus trop ce qui m’a le plus dérangé. Toutefois, en gros, des 6 nouvelles, la première « Edna » de Edna Jean, m’a laissé une assez bonne impression et je relirais volontiers « Le fantasme de l’aspirateur » de Marie Flore Morett.

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À consommer à petites doses : Cris du cœur – Labrune Mainsour

Définitivement cela se passe bien pour moi en termes de lecture ce mois-ci. J’avais vraiment fait d’excellents choix à la 24e édition de Livres en folie et mon tri pour le mois en témoigne. Alors, je le dis tout de go, j’ai pris plaisir à lire « Cris du cœur » de Labrune Mainsour. En fait, je devrais dire relire. J’ai en effet lu bon nombre de ces nouvelles avant leur parution dans les colonnes de Ticket. Ceci ne m’a pas empêché de les apprécier à nouveau.

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Crédits : Charly Amazan

J’ai aimé la diversité retrouvée dans ces 16 nouvelles. Il s’agit certes d’histoires de femmes, mais j’ai eu un peu l’impression qu’elles s’attaquaient chacune à une facette de la vie de la femme. Oui l’amour était présent. Très présent, même. Mais il n’y avait pas que les déclarations transies.

J’ai aussi toujours pensé que Labrune avait une belle plume et ce n’est pas cet ouvrage qui me fera revenir sur cette conviction. Le choix de ses mots et expressions, et même la répartition des paragraphes, sont autant d’éléments caractérisant son style qui ont retenu mon attention.

Je recommande bien entendu ce recueil de nouvelles, qui, d’après moi, se consomme à petites doses. Au gré de son humeur. Car on peut bien y trouver une histoire pour chacun de ses états d’âme. Ma nouvelle préférée ? Je suis partagée entre « La rage au ventre », « J’ai laissé la porte ouverte » et « Tonton ou palmiste ». Et une dernière chose, ne vous fiez pas à la table matière. « Cœur bleu », la première nouvelle n’y figure pas et ceci a bouleversé l’ordre des pages.

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Et si on parlait de mes lectures de juillet ? « Le désir est un visiteur silencieux » – Emmelie Prophète

Pour ce mois de juillet, j’ai d’abord terminé la lecture de « Crazy Rich Asian ». Ce livre de Kevin Kwan publié en 2013 est le premier d’une trilogie qui comporte « China Rich Girlfriend », paru en 2015, et « Rich People Problems », paru en 2017. Il fait aussi l’objet d’un film qui sortira le 15 août 2018. Mais on ne va pas parler pour le moment de ce livre que je devais lire pendant la deuxième période du mois de juin et avec lequel j’ai trainé et trainé…

Parlons donc de la liste des livres du mois de juillet. J’avais retenu 5 ouvrages pour mon challenge mensuel : « Le désir est un visiteur silencieux » de Emmelie Prophète, « Cris du cœur » de Labrune Mainsour, « Limena », réalisé sous la direction de Gary Victor, « PetroCaribe : mon combat pour la reddition de comptes » du sénateur Youri Latortue et « The Wife Between Us » de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen.

Crédits : Charly Amazan

Pour ce mois, j’ai commencé avec « Le désir est un visiteur silencieux ». Pour moi, c’était tout indiqué de m’attaquer à la pile de livres achetés à Livres en folie en commençant par un titre d’un des invités d’honneur de la dernière édition de la foire. C’est la première fois que je lisais un livre d’Emmelie Prophète et je n’ai pas été déçue. Oui, je l’admets, ce n’est pas tout à fait ce à quoi je m’attendais. Le titre de l’ouvrage m’avait fait penser à bien des choses, mais à la fin de l’histoire, il a pris tout son sens pour moi.

J’ai mis près d’une semaine pour lire les 63 pages du récit d’Emmelie Prophète. C’est que ce mois de juillet est bien plus chargé que je le souhaitais. Mais j’ai adoré me retrouver dans cette rue ordinaire de Martissant et me plonger dans la vie de Claudette, de la mère de cette dernière et de ses voisines. J’ai cru reconnaître ma propre à plusieurs reprises. Bien sûr, ceci a rendu le récit encore plus réel à mes yeux et j’ai souri à chaque fois. J’ai aussi été charmée par les descriptions vivantes, mais si simples et le style léger. Juste le genre d’ouvrage qui se laisse lire. Un reproche à tout prix ? J’aurais bien aimé que ça dure plus.

P.S: Oui, je recommande !

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Oh, mais ça arrive aussi aux femmes de 30 ans, ou presque

Non, mais qu’est-ce qui m’arrive ?! Les femmes de 30 ans ou presque ne réagissent plus comme ça que je sache ! Les hommes, je connais et je ne suis même pas sûre d’en vouloir encore. Alors pourquoi suis-je là à surveiller mon téléphone, vérifiant que la sonnerie soit activée, que la batterie soit chargée… Bref que ce petit appareil soit en mesure de recevoir cet appel qui ne vient pas ? Voilà des jours que je poireaute. Moi qui croyais que ça ne prendrait que quelques heures ! Ah les hommes, c’est qu’ils ont l’art de vous donner de faux espoirs.

 

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Crédits : Sten Berlin

Je vous assure que je ne suis pas en train de me faire un film. Vous auriez dû voir comment il m’a regardée. Il y a eu tous ces coups d’œil furtifs. Un peu comme s’il ne voulait pas que je me rende compte que j’avais capté son attention d’abord. Puis, il s’est décidé à soutenir mon regard. Un regard profond, expressif, troublant… Il s’est carrément mis à me fixer, à me narguer, genre « Je te veux, et alors ? ». Bien sûr, cela a aiguisé mon intérêt. On s’est jaugé pendant ce qui m’a paru être une éternité. Puis on s’est quittés avec un sourire. Ce petit geste qui ouvre bien des portes…

En effet, déjà cet échange avait créé un lien entre nous, ouvrant un sentier qu’il a simplement suivi. Ce chemin lui a permis de me retrouver près de trente minutes plus tard, enfermée dans mon bureau. D’un ton naturel, il s’est présenté, ignorant la surprise qui devait se lire sur mon visage. Et moi, je l’ai écouté. Comme si je ne connaissais pas déjà son nom et sa fonction par cœur. Comme si je n’avais pas lu une bonne dizaine d’articles à son sujet au cours des derniers mois. Comme si je n’avais pas débattu son parfum avec mes amies à diverses reprises. Naturellement, il m’a demandé mon numéro et s’est poliment enquis des heures auxquelles il pouvait m’appeler. Non, mais quel gentleman ! Dois-je ajouter que j’ai fondu ? Genre littéralement ?

Bien sûr, je ne me suis pas fait prier pour lui filer mon numéro. Je veux dire, on ne refuse pas son numéro à un homme pareil. D’ailleurs, pour être encore plus honnête, pourquoi refuserais-je mon numéro à cet homme que j’avais croisé et eu le plaisir d’admirer à maintes reprises quand enfin il se décidait à le demander ? Qu’avais-je à perdre au juste ? Ma dignité ? Oh mais, quelle idée ! Vu le ton désintéressé avec lequel j’égrainais les chiffres on aurait pu difficilement deviner mon enthousiasme. Et de toute façon, il y’avait des occasions auxquelles on ne pouvait tourner le dos. Rien que ça ! De plus, je n’ai de cesse de le dire, arriver à me soutirer mon numéro ne veut rien dire. Il faut arriver à me faire décrocher le téléphone quand on appelle avant de crier victoire. Nouveau challenge, alors ?

En fait, sur ce coup, c’était à moi de crier victoire. Cet homme qui avait capté mon attention des mois auparavant s’était finalement décidé à franchir le pas. Il m’avait adressé la parole. Mais mieux encore, il avait demandé mon numéro, avant de se renseigner sur ma disponibilité. C’était bien trop beau pour être vrai, non ? J’étais ce qu’il y avait de plus excité. Déjà je réfléchissais à l’attitude qu’il me faudrait adopter quand il appellerait. Devrais-je décrocher à la troisième sonnerie ? Décrocher rapidement et me prétendre occupée ? Pour calmer mon angoisse, j’ai commencé par le googler. Son curriculum vitae imposant ne fit que m’impressionner davantage. Sur le moment, j’ai bien cru que j’étais la femme la plus chanceuse du monde, okay, d’Haïti seulement…

Et l’attente a commencé. Au cours des jours qui ont suivi, jamais le niveau de ma batterie n’a été plus bas que 40%. J’ai dû changer la sonnerie de mon portable au moins quatre fois. Il n’était pas question que je rate un appel faute d’avoir entendu sonner le téléphone. Et j’ai attendu. Deux jours. Trois semaines. Puis quatre mois. Et toujours rien. Puis, finalement, je me suis rendue à l’évidence, porter un homme à me demander mon numéro ne vaut pas grand-chose. Il faut surtout arriver à l’inspirer assez pour qu’il se décide à le composer. Après tout, le véritable succès de l’opération pour lui aurait bien pu se retrouver dans le fait d’être arrivé à soutirer son numéro personnel à cette femme réputée zuzu, austère, désintéressée… Et ainsi fut prise celle qui croyait prendre !

Lifestyle, Textes déjà publiés

Fête de la musique : Petite célébration pour marquer une grande occasion

Le 21 juin ramène la fête de la musique. Dans la centaine de pays qui célèbre cette date, festivals et concerts, gratuits pour la plupart, sont organisés à l’occasion. Cette année, la fête de la musique a eu lieu en pleine Coupe du monde, en une journée mitigée, marquée par une cuisante défaite de la sélection Argentine de football, équipe très adulée chez nous, la veille d’une rencontre déterminante pour le Brésil et ses nombreux fans haïtiens. Plus d’un aurait dit que le cœur n’était pas trop à la fête. D’ailleurs, outre les traditionnels rendez-vous du jeudi, il n’y avait qu’une seule affiche véritablement conçue pour marquer cette fête : un Jam session organisé par Handzup group, Partying in Haiti et Chokarella.

 

#Avèk BelO
Crédits : Bernard Delva

Jojo restaurant, établissement encore en vogue à Pétion-ville après avoir ait passé le cap de sa première année d’existence, accueille ce « jam session » en ce premier jour d’été. L’espace agrémenté de drapeaux est visiblement en mode Coupe du monde. Aucune disposition spéciale pour le concert, sinon un modeste stage et des tables disposées dans la cour du restaurant. Les serveurs, eux, semblent totalement dépassés. Il faut un temps fou pour se faire servir. Mais quand le spectacle aussi accuse un retard de plus de deux heures, on ne sait même pas trop à qui tenir rigueur. Il faudrait bien entendu plus que cela pour décourager ce public habitué aux aléas de l’événementiel haïtien. Le temps est maintenant dégagé, il y aura bientôt de la musique et Jojo est reconnu pour sa bonne cuisine. Donc voilà, on n’en demande pas plus !

De nombreux artistes et personnalités ont répondu positivement à l’invitation des instigateurs de la soirée et se mélangent allègrement au public. L’ambiance est des plus conviviales. Entre embrassades et selfies, l’assistance prend l’allure de vives retrouvailles autour de la musique. Lisez la suite de l’article sur Ticket

Lifestyle, Textes déjà publiés

Nocturne à la Galerie Monnin

Le saviez-vous ? La Galerie Monnin a récemment changé d’adresse. Après le boulevard Jean Jacques Dessalines au centre-ville, puis la rue Lamarre à Pétion-Ville, c’est désormais à Laboule 17 que Gael Monnin, gérante de la galerie, accueille depuis le 2 décembre 2017 les férus d’art, du mardi au dimanche. Et le mardi, à partir de 7 h p.m., la galerie reçoit les noctambules dans le cadre de sa nocturne hebdomadaire dénommée Galerie Monnin’s Tuesday Art Vibes à laquelle Ticket a fait un tour cette semaine. 

 

 

Mardi soir 12 juin, 7 h 32 p.m. On passe la barrière des nouveaux locaux de la Galerie Monnin. On a l’impression de pénétrer une demeure privée. Et cette première impression est la bonne. « C’est la maison de mes grands-parents. J’ai grandi dans cette propriété », nous confirme, Gael Monnin, gérante de cette galerie qui a été fondée en 1956. En quête d’un endroit où abriter la galerie grandement menacée par le marché qui telle une pieuvre continue à étendre ses tentacules, la jeune femme raconte que sa famille n’a cessé de battre en retrait. Après s’être dirigée vers la rue Lamarre, elle s’est purement et simplement réfugiée dans les hauteurs de la ville.

Le travail pour changer cette maison familiale en véritable caverne d’Ali Baba a dû être considérable. Salle d’attente, balcons et même les toilettes… tout a été transformé. Au premier niveau, certains murs semblent même crouler sous le poids des tableaux. Mais la symétrie recherchée par le curateur n’en est pas moins évidente. Toujours au rez-de-chaussée, il y a cette pièce à l’allure de boudoir où un triptyque formant le portrait d’un homme retient notre attention. Un peu plus loin, une autre petite chambre au caractère intime avec lumière tamisée et habillée de pièces liées au vaudou est tout aussi remarquable. Et, bien sûr, on ne saurait oublier le coin selfie où, devant ce tourbillon de chiffres signé Pascale Monnin, divers visiteurs ont posé.

Mais, outre ces différentes œuvres d’art, tableaux et sculptures éparpillés çà et là dans le bâtiment, le public dispose aussi d’autres attractions à l’étage. Lisez la suite de l’article sur Ticket