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Mémoire de mes putains tristes, Gabriel García Márquez

Je ne vais pas essayer de prétendre le contraire : C’est tout simplement le titre de cet ouvrage qui a retenu mon attention. J’ai d’abord pensé à « Les immortelles » de Mackenzie Orcel le seul livre parlant de prostituées que j’avais lu en le retirant des étagères de la librairie La Pleiade. Puis je l’ai feuilleté. Peu de pages. Et de grands caractères. Tentant… Le prix, pas tant que ça !

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Et c’est alors qu’est entré en compte le dernier, mais pas des moindres, détail : il s’agit d’un titre de Gabriel Garcia Marquez, cet auteur hispanophone adulé… Celui-là même avec lequel j’avais récemment fait connaissance. Finies les hésitations, vers la caisse je me suis dirigée d’un pas résolu !

Ce fut comme je l’avais supposé une lecture rapide. Assez facile aussi du reste. Résumé ? Pour ces 90 ans, le narrateur veut retrouver un coup de jeunesse. Pour ce faire, il s’adresse à Rosa Cabarcas qui tient la maquerelle du coin et lui demande de lui trouver une jeune vierge. L’entreprise est assez difficile, mais la dame arrive à lui dégoter une pucelle de 14 ans qui l’attend le soir même de son anniversaire dans une chambre du bordel. Il la retrouve nue, endormie…

Et de là l’histoire prend un autre tournant. On arrête tout simplement de voir ce vieux journaliste qui se présente déjà comme un véritable raté comme le vieux pervers qui veut se faire une enfant capable d’être son arrière-petite-fille.

Ce qui ne devait être qu’une aventure d’un soir se poursuit et n’évolue surtout pas dans le sens qu’on s’y attendait. C’est plutôt un bref tour de certains sujets tabous, des questionnements sur l’âge, le temps, le sexe, la morale… Et je n’en dis pas plus car ce petit roman mérite bien que vous y jetiez vous-même un coup d’œil !

 

Book Reviews, DaffReads

Superbe rencontre avec la plume de Gabriel Garcia Marquez

Résumé : Une fête comme on n’en voit pas souvent. Un mariage des plus grandioses. Mais, sacrilège, la mariée n’est pas vierge ! Elle est ramenée chez ses parents avant même que les fêtards n’aient commencé à cuver leur vin. Une honte à nulle autre pareille, on en convient. Pressurée de toute part, la jeune fille finit par confier à ses proches que cet état de fait est l’œuvre de Santiago Nasar. Sans rien attendre, ses frères décident de laver son honneur en mettant fin aux jours du coupable. Pendant des heures, les jumeaux Vicario s’assureront de faire connaître à tout le village comment ils comptent tuer Santiago Nasar à coups de couteaux. L’intéressé est l’un des derniers à être informé du sort qui lui est réservé et auquel il ne pourra pas échapper.

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Crédits : Pierre Michel André

Impressions personnelles :

Vous pensez sans doute qu’avec un résumé pareil j’ai tué tout suspense pour vous. Eh bien figurez-vous que de suspense il n’y en a jamais vraiment eu dans ce livre. Dès les premières pages vous apprendrez le nom de la victime, l’identité des coupables et la raison qui a motivé le crime. Cette chronique vous fera par contre remonter un peu le temps pour revivre les heures et même les jours qui ont précédé le tragique événement en vue de comprendre les motivations des différents personnages et quelque peu mesurer la portée de valeurs comme l’honneur ou encore le poids de la fatalité quand elle est ancrée dans les croyances d’un peuple. « Chronique d’une mort annoncée » fait aussi un clin d’œil à la situation post-tragédie, toujours histoire d’expliquer comment un crime annoncé avec autant de véhémence n’a pas pour autant pu être évité. Et malgré tout ça, je me suis surprise à tourner fébrilement les pages, curieuse de découvrir le dénouement de l’action, mais aussi espérant que l’inévitable serait miraculeusement évité…

Aussi, les âmes sensibles devraient peut-être s’abstenir, hein ! Entre la description de l’autopsie pratiquée sur le cadavre de Santiago Nasar et le récit de l’assassinat en soi, je ne saurais dire ce qui m’a le plus secouée. Précisons que j’essayais de manger un peu quand j’ai lu la première et, bien sûr ça m’a carrément coupé l’appétit. J’ai eu envie de me couvrir les yeux comme je le fais quand il y a des scènes trop violentes à la télé. Et j’ai tâché de brider mon imagination le plus possible.

Sinon, pour moi, c’était une superbe rencontre avec la plume de Gabriel Garcia Marquez !