Book Reviews, DaffReads

« Mémoires mortes », Patricia Cornwell ou le livre qui m’a fait sortir mon shaker !

Résumé

Beryl Madison, jeune auteure à l’avenir prometteur, est assassinée à son domicile. Elle recevait des menaces téléphoniques d’un dérangé mental et on apprendra par la suite qu’elle s’apprêtait à publier ses mémoires dont le contenu pouvait nuire à plus d’un dont son mentor Cary Harper. Le Dr Scarpetta devra donc tirer du cadavre lacéré de coup de couteaux de la jeune femme et de la scène de crime morbide à souhait les réponses à ses mille et une questions. Son enquête menée avec le support de l’inspecteur Marino s’étendra sur plusieurs semaines et mettra même leurs vies en danger par moments. L’arrivée impromptue de Mark, ex petit ami de Kay, et la mort d’autres personnages importants du récit sont autant de faits qui retiennent l’intérêt au fil de la lecture de ce livre.

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Crédits : Kalule Celestin

J’ai découvert ce livre dans le « story » d’une jeune femme que je suis sur Instagram. Elle avait partagé le résumé du livre qui m’a tout de suite plu. Je lui ai rapidement fait un DM et elle a offert de me le passer.

Le format me convenait. Environ 300 pages. Mais la dimension des caractères – carrément minuscules – m’a tenue éloignée du livre pendant au moins 3 jours. J’ai dû relire cette fameuse quatrième de couverture qui m’avait initialement attirée plusieurs fois avant de me décider.

Et si j’hésitais encore au tout début de ma lecture, l’auteure a su me convaincre entièrement dès le premier chapitre en faisant l’éloge de notre Barbancourt national. « Le barbancourt est un régal », peut-on lire à la page 22. Il n’était bien sûr plus question que j’arrête la lecture d’un livre pareil !

On rentre tout de go dans l’histoire et le suspense demeure jusqu’à la fin. Même quand, à quelques chapitres de la fin, on apprend l’identité du meurtrier, il faudra réussir à le trouver et comprendre son modus operandi.

Un polar plutôt sanglant avec moult détails autant sur les meurtres que sur les cadavres et une quantité impressionnante de termes techniques. Pour cause, l’héroïne, Kay Scarpetta, est médecin expert général… J’ai aussi apprécié cette ultime conversation du Dr Scarpetta et de l’inspecteur Marino qui a permis d’éclaircir tous les points d’ombres de ce livre qui met aussi l’accent sur les troubles mentaux.

Et maintenant, la dernière page tournée, je n’ai qu’une envie : me faire un rhum-Tonic à base de Barbancourt ! Il en serait de même pour vous aussi, si comme moi vous aviez lu la page 274 de « Mémoires mortes » de Patricia Cornwell !

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Superbe rencontre avec la plume de Gabriel Garcia Marquez

Résumé : Une fête comme on n’en voit pas souvent. Un mariage des plus grandiose. Mais, sacrilège, la mariée n’est pas vierge ! Elle est ramenée chez ses parents avant même que les fêtards n’aient commencé à cuver leur vin. Une honte à nulle autre pareille, on en convient. Pressurée de toute part, la jeune fille finit par confier à ses proches que cet état de fait est l’œuvre de Santiago Nasar. Sans rien attendre, ses frères décident de laver son honneur en mettant fin aux jours du coupable. Pendant des heures, les jumeaux Vicario s’assureront de faire connaître à tout le village comment ils comptent tuer Santiago Nasar à coups de couteaux. L’intéressé est l’un des derniers à être informé du sort qui lui est réservé et auquel il ne pourra pas échapper.

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Crédits : Pierre Michel André

Impressions personnelles :

Vous pensez sans doute qu’avec un résumé pareil j’ai tué tout suspense pour vous. Eh bien figurez-vous que de suspense il n’y en a jamais vraiment eu dans ce livre. Dès les premières pages vous apprendrez le nom de la victime, l’identité des coupables et la raison qui a motivé le crime. Cette chronique vous fera par contre remonter un peu le temps pour revivre les heures et même les jours qui ont précédé le tragique événement en vue de comprendre les motivations des différents personnages et quelque peu mesurer la portée de valeurs comme l’honneur ou encore le poids de la fatalité quand elle est ancrée dans les croyances d’un peuple. « Chronique d’une mort annoncée » fait aussi un clin d’œil à la situation post-tragédie, toujours histoire d’expliquer comment un crime annoncé avec autant de véhémence n’as pu pour autant être évité. Et malgré tout ça, je me suis surprise à tourner fébrilement les pages, curieuse de découvrir le dénouement de l’action, mais aussi espérant que l’inévitable sera miraculeusement évité…

Aussi, les âmes sensibles devraient peut-être s’abstenir, hein ! Entre la description de l’autopsie pratiquée sur le cadavre de Santiago Nasar et le récit de l’assassinat en soi, je ne saurais dire ce qui m’a le plus secouée. Précisons que j’essayais de manger un peu quand j’ai lu la première et, bien sûr ça m’a carrément coupé l’appétit. J’ai eu envie de me couvrir les yeux comme je le fais quand il y a des scènes trop violentes à la télé. Et j’ai tâché de brider mon imagination le plus possible.

Sinon, pour moi, c’était une superbe rencontre avec la plume de Gabriel Garcia Marquez !

Lifestyle

Parce que tout le reste est accessoire…

L’inspiration me fuit. Je me rappelle plus la dernière fois que je suis arrivée à écrire plus de deux cents mots sur un sujet qui n’était pas lié au travail ou encore à un de mes cours. Alors jusqu’à aujourd’hui ! C’est un peu comme si mes mains me démangeaient. C’est que je passe un week-end pas comme les autres et j’ai cette furieuse envie d’en parler.  Un week-end pas comme les autres… J’ai dû employer cette expression des dizaines de fois. Mais croyez-moi, si je le pouvais je les bifferais toutes. Car la vraie expérience hors du commun, je l’ai vécue ce week-end.

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Je suis enfant unique. Enfin, pas tout à fait… J’ai des demi-frères et une demi-sœur que j’ai rencontrés récemment et les relations semblent bien amorcées. Mais ça, c’est une autre histoire. Je voulais donc vous dire que je suis l’unique enfant de ma mère, une femme très réservée. Mon premier réflexe a donc été de rechercher très tôt de la compagnie ailleurs. Au cours de mon enfance, et même pendant une grande partie de mon adolescence, j’ai été littéralement accro à ma cousine, qui, pour sa défense me le rendait bien. Puis à mes premières amies Sabrina et Joséphine. Quand je suis entrée à l’école secondaire, Fabiola a pris le relai et depuis, je ne l’ai plus jamais laissée repartir. Car il me fallait être constamment entourée. C’était un peu comme une partie de moi. Résultat : des années plus tard, je suis toujours partante pour retrouver des amis pour prendre un verre. Ou juste parler. Tout ce qui me tiendra éloignée de ma chambre vide.

Mais, ce week-end, sous une impulsion, j’ai décidé de passer du temps seule. Après des heures à essayer de dissimuler la tristesse qui m’envahissait à mes proches à la maison, je me suis dit que m’éloigner serait la meilleure option. Passer le week-end seule ? Oui. Mais où ? À faire quoi ? Honnêtement, je n’ai pas eu à me poser la question longtemps. Decameron ! La destination était toute indiquée. La dernière fois que j’avais été aussi « down », soit en 2014, je m’étais réfugiée à Indigo pour une semaine et j’en était revenue toute neuve. On n’allait tout de même pas changer une équipe qui gagne ! Je contacte donc un ami à l’hôtel vite fait. Mais ma démarche tardive laisse présager le pire : il se pourrait qu’il n’y ait plus de place. Je ne suis fixée qu’à la dernière minute, le jour même. Mais j’avais déjà fait tous mes plans. Après le travail ce vendredi, je n’ai plus qu’à passer récupérer mes affaires chez moi. Ensuite, je fais le plein et je mets le cap sur la côte des Arcadins !

Ce n’est pas la première fois que je conduis sur la nationale #1, mais depuis environ 5 ans que je conduis, c’est la deuxième fois que je prends toute seule cette voie où les accidents se multiplient. Je l’avoue, je stresse un peu. Et la pluie qui se pointe tandis que je passe « Trois mains » n’arrange rien. Pendant une fraction de seconde je pense à rebrousser chemin, me disant que je n’ai rien à prouver. Mais en fait, je le sais, j’ai tout à prouver. J’ai tout à me prouver. Un jour d’octobre, il y a de cela même pas un an, j’ai pris sur moi et j’ai laissé un jeune homme que je voyais pour la première fois incruster les mots « I am enough » sur une de mes côtes. Il était temps que je me prouve que cette douleur n’avait pas été vaine. Et c’est ce que j’ai fait.

Je suis restée la femme pragmatique, la conductrice prudente que j’ai toujours été. Je me suis tapée mon heure et demie de route avec une playlist d’enfer et j’ai passé un week-end extraordinaire à la mer. Bien sûr, j’ai dormi et j’ai raté le petit déjeuner les deux jours. Mais les lunchs, les heures passées couchées au bord de la mer avec mon haut-parleur, puis assise au bar seule vont être ajoutées à mon palmarès de single lady sans aucune vergogne. Je me garderai bien entendu de comptabiliser le nombre de verre de vin blanc que j’ai bu au cours de la journée du samedi. Sachez seulement que j’ai pu regagner dignement ma chambre après avoir pris la peine d’apprécier un coucher de soleil pour la première fois de ma vie et que j’ai une quantité de selfies assez gênante sur mon smartphone. Au moins je n’ai rien publié sur les réseaux sociaux….

Alors, un week-end pas comme les autres pourquoi ? Eh bien, parce que j’ai su répondre les « Non monsieur, ça va », « Non, non, m pa p tann pèsonn. Se mwen seul ki la » avec le sourire et le regard déterminé qui s’imposait toutes les fois que cela a été nécessaire. Parce que j’ai pris plaisir à me retrouver seule avec moi-même au milieu des inconnus. Parce que j’ai pu reprendre la route dimanche après-midi comme une grande…  Je me dis d’ailleurs qu’il s’agit vraiment d’une expérience que je devrais faire tous les trois mois, ne serait-ce que pour me ressourcer et toujours me rappeler que je me suffis et que tout le reste est accessoire !

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2019 : entre bilan et perspectives…

On va commencer par dire que pour 2018, j’ai lu bien plus que je n’ai écrit ! Alors quand on ne compte pas ces multiples longs paragraphes que j’ai dû envoyer à certaines personnes et toutes ces notes que j’ai prises pour des textes que je n’ai finalement pas écrits… Une chose est pourtant sûre, ceux qui me suivent ici n’ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Aussi, je me suis sentie un tantinet coupable en renouvelant mon plan avec WordPress au début du mois de décembre. Je reviens tout de même vers vous avec d’autres plans et promesses.

Crédits : Bernard Delva Location : Bibliothèque Michèle Tardieu

Pour 2018 j’avais fixé la barre plutôt haut. Trop haut en fait. J’espérais lire 60 livres. Mais j’ai dû me rendre à l’évidence bien vite : il n’était pas possible d’être une salariée et une étudiante à plein temps et d’arriver à lire un livre par semaine avec 8 « degi » … En fait, je ne suis arrivée à en lire que 29. Même pas la moitié. Quelle déconvenue ! Néanmoins, certains ont été particulièrement inspirants et m’ont laissé une certaine satisfaction malgré ma déception d’être tombée aussi loin de mon objectif premier.

Le top 10 de mes belles lectures de 2018

1. « We’re going to need more wine », Gabrielle Union. C’est le premier livre que j’ai lu pour l’année. Et je n’aurais pu faire meilleur choix. J’ai d’abord vu sous un autre angle cette actrice que j’avais toujours adulée, surtout avec son rôle dans « Being Mary Jane ». J’ai adoré rentrer dans son quotidien, son intimité. Soudainement, elle devenait humaine. Je me suis même un peu retrouvée dans certaines de ses expériences personnelles. Je recommande défininitement cet ouvrage qui m’a portée à changer mon regard sur bien des choses.

2. « milk and honey », Rupi Kaur. Ce n’est pas juste un de ces ouvrages populaires. Bien que je concède l’avoir acheté juste parce que des citations de Rupi Kaur avaient envahi mon timeline. Mais je n’ai pas eu à regretter mon choix. J’ai traversé en un tour de main les 4 sections de l’ouvrage : « The hurting », « The loving », « The breaking », « The healing ». Et je ne compte pas le nombre de fois que j’y suis retournée en quête d’un passage qui traduirait exactement mes sentiments du moment.

3. « Les dix petits nègres », Agatha Christie. J’avais lu ce livre il y’a de cela plusieurs années. Mais, bien que je connaissais déjà la fin, j’ai pris plaisir à relire cet ouvrage que je considère comme un véritable chef-d’œuvre d’Agatha.

4. « Pwomès », Lyonel Trouillot. Depuis que je les ai découverts, les poèmes de Trouillot sont devenus une addiction pour moi. Je les lis et relis. Je ne m’en lasse pas.

5. « Crazy Rich Asian », Kevin Kwan. Mon voyage en Asie à travers la trilogie de Kwan, un total de 1564 pages, a été un événement marquant de mon année. Une lecture facile, rafraîchissante, instructive et carrément hilarante par moments.

6. « Le désir est un visiteur silencieux », Emmelie Prophète. C’est la première fois que je lisais un livre d’Emmelie Prophète et je n’ai pas été déçue. j’ai adoré me retrouver dans cette rue ordinaire de Martissant et me plonger dans la vie de Claudette, de la mère de cette dernière et de ses voisines.

7. « Cris du cœur », Labrune Mainsour. J’ai aimé la diversité retrouvée dans ces 16 nouvelles. Il s’agit certes d’histoires de femmes, mais j’ai eu un peu l’impression qu’elles s’attaquaient chacune à une facette de la vie de la femme.

8. « We should all be feminist », Chimamanda Ngozi Adichie. Je ne me clame pas féministe à tort et à travers. Mais 30 ans déjà que je suis de sexe féminin, ce serait bien con de ma part de ne pas supporter ma cause. Ce tout petit livre a mis l’accent sur bien des choses qui m’ont révoltée au cours de ma jeune vie et a renforcé ma volonté à vouloir bouleverser l’ordre actuel des choses.

 9. « Écorchées vivantes », sous la direction de Martine Fidèle. Je ne suis pas trop fan des recueils de nouvelles regroupant le travail de plusieurs auteurs. Mais celui-là a été une exception. J’ai apprécié ce moment d’intimité avec ces femmes qui tour à tour m’ont dévoilé un pan de leur vie.

10. « Onze Minutes » Paulo Coelho. J’ai trimballé ce livre avec moi pendant des semaines, ou peut-être même des mois, sans arriver à lire plus d’une dizaine de pages. Puis, sans que je ne m’explique trop ma motivation, je l’ai recommencé plus d’un an plus tard. Et là, je l’ai littéralement dévoré en moins de 48 heures. La fin n’était pas trop à mon goût, mais c’est de loin mon Paulo Coelho préféré.

Fort de si belles expériences livresques, je ne peux que démarrer 2019 du bon pied. J’ai revu mes objectifs à la baisse cette année, côté quantité. Mais j’espère bien que du point de vue de la qualité, j’irai bien au-delà de tout ce à quoi j’aurais bien pu m’attendre. J’espère lire 40 livres cette année, dont 15 non-fictions. 3 livres par mois et 4 bonus. Les livres de janvier ? « The ex », Alafair Burke, « The wife », Alafaire Burke (pi rèd) et « Becoming », Michelle Obama. Et vous, quelles sont vos perspectives ? Que lisez-vous en ce premier mois de 2019 ?

Lifestyle

Petite virée en enfer

Ou pase gaz deja ? Ou pete a ? Infirmières, médecins, parents et amis ne me posaient que cette seule question depuis ma sortie de la salle d’opération. Et ma réponse était invariablement la même : ce « non » qui me valait des regards désolés. Je ne comprenais pas l’importance soudaine de ce simple besoin psychologique auquel je n’avais jamais fait véritablement attention. Où était passée la discrétion dont on avait toujours fait montre sur cette histoire ? Depuis quand était-ce devenu un sujet de conversation ? J’étais un peu perdue. En fait, il y avait tellement de choses que je ne comprenais plus.

Tout est allé tellement vite. J’ai été comme prise dans un véritable tourbillon. J’avais passé une année entière à faire tous les arrangements devant mener à ce moment-là, mais vraiment rien ne m’avait préparée à ce que j’ai vécu au cours de ces dernières semaines. Ni mes trois brèves visites sur les lieux du crime (bien sûr, je parle de l’hôpital) et encore moins mes longues discussions avec mes proches.

Je reçois mon premier choc quand réquisition en main je passe à la Croix-Rouge. Et là commencera un va-et-vient entre l’hôpital et la Croix-Rouge pour moi. Parce que quelqu’un à l’un des bouts de la chaîne ne maîtrisait pas le processus, cela me prend deux jours. Deux journées pendant lesquelles j’ai côtoyé ces gens qui espéraient contribuer à sauver la vie d’un proche. Ceux qui, igloo en main, espéraient qu’on leur tendrait enfin une pochette de ce précieux liquide. Je garde encore en mémoire le souvenir de la déception que j’ai lue sur le visage de cette jeune femme qui, après avoir patienté des heures, s’est entendu dire : « Ou pa menm bezwen antre, ou pa gen ase pwa pou bay san. »

Je repense à l’inquiétude qui s’est emparée de moi quand j’ai constaté la rudesse et la désinvolture dont font preuve certains professionnels de la santé. Heureusement, je n’ai pas trop eu le temps de paniquer le jour J. Le temps que je comprenne ce qui m’arrivait j’étais déjà allongée sur un petit lit avec une injection intraveineuse. Pure coïncidence ou ultime cadeau du ciel, j’avais les mêmes allergies que l’infirmière qui s’occupait de moi. Ouf ! Il faut reconnaître que quand comme moi tu ne tolères pas un nombre impressionnant de médicaments, il y a de quoi devenir parano quand il te faut passer par la case anesthésie. Mais je suis là pour le raconter, preuve que j’étais en de bonnes mains.

J’ai quand même eu mon lot de mauvaises surprises. Après mes deux journées à la Croix-Rouge, tout a semblé résolu. Mes donneurs s’étaient sacrifiés et j’ai pu repartir avec ce fameux papier qui me donnait droit à deux pochettes de sang. Je devrais le rendre à l’hôpital, qui est régulièrement alimenté par la Croix-Rouge, lors de mon admission. Qu’est-ce que j’ai paniqué quand j’ai cru l’avoir oublié le matin de l’intervention. Mais en fait, je me faisais du souci pour rien. Ce cher papier sur le coup avait perdu sa force. D’après ce que j’ai cru comprendre, la Croix-Rouge, en rupture de stock, n’avait pas pu trouver de sang à m’envoyer malgré le don de mes proches dont le sang devait être traité avant de pouvoir être utilisé.

Pour moi, le sang n’était qu’un « back up plan ». Mais un back up qui m’aurait tellement rassurée au moment où je pénétrais la salle d’opération. Je ne me souviens plus de ce qui me passait par la tête à ce moment, mais une chose est sûre, je n’oublierai pas de sitôt cette voix que j’ai entendu dire, tout juste avant que je ne sois anesthésiée : « Nou jwenn on pòch san pou ou doc la ». J’apprendrai plus tard que l’on n’a pas eu à me transfuser mais que j’étais tellement stressée et agitée qu’on a dû m’administrer des calmants et me faire une anesthésie générale. Je suis sortie vraiment gaga du bloc. Mais pour mon malheur, cet état n’allait pas durer assez longtemps.

« Quand on t’a ramenée, on nous a remis une prescription. Tu allais te réveiller dans d’atroces douleurs, nous a-t-on dit, et il te faudrait ce médicament et aucun autre en raison de tes allergies », m’a rapporté ma mère. Et pendant les 4 heures qui ont suivi s’est tenue une véritable quête de cet élixir. Personne n’avait réalisé qu’un médicament aussi important pouvait être aussi rare jusqu’à ce que 8 pharmacies plus tard on ne l’ait pas trouvé. Et ce qui devait arriver, arriva. Je me réveillai alors que le médicament n’était pas encore là. Tout l’hôpital a dû m’entendre pendant un moment, alors jusqu’à ce que je n’aie plus eu la force de crier. Et puisque bien sûr mes allergies devaient aussi me faire des misères, j’ai aussi eu une crise d’éternuements alors que j’avais déjà l’impression que mes entrailles s’ouvraient à chaque respiration…

J’avais toujours cru qu’il s’agissait d’une simple figure de style quand les gens disaient qu’ils avaient une douleur à leur couper le souffle jusqu’à ce moment. Dieu merci la persévérance de mes proches a payé. Ils ont finalement trouvé l’antidouleur. La longue nuit qui s’en suivit fut assez mouvementée avec les va-et-vient des infirmières tâchant d’avoir raison de la fièvre qui ne baissait pas et de la douleur qui tenait à reprendre ses droits sur mon corps. Et finalement vint le matin. Le pire était passé. Il me fallut faire mes premiers pas, me faire à l’idée que je respirais encore et que je devais me préparer à vivre mon long rétablissement. Et le pete ? Oui, il est venu. Plus de 48 heures plus tard. Pendant que j’étais simplement installée dans mon lit. Loin du calme feutré de ma chambre d’hôpital. Et pendant au moins une semaine j’ai allègrement laissé sortir tous les gaz de mon petit corps. Sans aucune retenue !

Lifestyle

8 ans plus tard et ces mêmes fissures

C’était il y a 8 ans. Mais il faut bien peu d’efforts pour que toutes ces émotions rangées quelque part en nous remontent à la surface. Soudainement l’on se retrouve dans ce même cercle vicieux. Ces appels inquiets des proches de l’étranger. Ce besoin pressant de rappeler à nos proches combien ils sont importants. Cette peur latente de fermer la porte, d’éteindre la lumière, de s’endormir. Et toute cette douleur qui accompagne les souvenirs qui ne cessent d’affluer…

C’était il y a plus de 8 ans, mais ça fait toujours aussi mal. En fait, un peu même plus qu’avant quand on sait que huit années plus tard, les dangers restent les mêmes. Et que ceux-là qui avaient échappé à la catastrophe, ceux qui sont entrés dans nos vies après les événements, ceux-là même que nous avions appris à chérir avec la force du désespoir, ils sont tout aussi exposés à la violence de la nature que l’étaient les victimes du 12 janvier 2010.

C’était il y a 8 ans. C’était hier. Et depuis, la nature ne cesse de nous faire de petits clins d’oeil, histoire de nous rappeler qu’une fois encore on pourrait tout perdre.

Lifestyle

Un été vraiment pas comme les autres !

Il y a de cela quelques mois, j’ai fait une découverte qui, à défaut de changer ma vie, me marquera sans doute à jamais (littéralement, hein). On est un dimanche. Couchée sur le dos, les pieds plaqués au mur, je recherche désespérément les résultats de mes dernières semaines de travail assidu avec mon coach. Ça fait près de deux mois que j’ai lancé l’opération « Pran laru Pòtoprens toutouni » et honnêtement, je ne pense pas avoir perdu ne serait-ce qu’un cm de ventre. Frustrée, je palpe mon ventre à la recherche d’une quelconque explication. Une explication que je n’espérais pas trop trouver, jusqu’à ce que je croie sentir une masse sous mes doigts. Aurais-je mal fait mes exercices ? Peu probable. Je fais entièrement confiance à mon coach. Je décide donc de voir mon médecin dès le demain. Parce que moi, ce beach body, je le veux !

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Crédits : Charly Amazan

La sono m’éclaire bien vite. Rien à voir avec mes exercices. En fait, je suis simplement malade. Rien de particulièrement grave. Juste une de ces maladies qui ne cessent de gagner en popularité ces dernières années. Je ne sais pas si je dois me sentir soulagée ou si je dois paniquer. Mais sur le moment tellement de choses semblent prendre tout leur sens. Ma prise de poids aussi soudaine qu’incontrôlable et ce ventre qui devient de plus en plus gênant malgré les diètes les plus sévères… Je mets même mes sautes d’humeur sur le compte de cette maladie qui quelques années plus tôt en avait fait voir de toutes les couleurs à ma mère. Non, elle n’est pas héréditaire, insiste le médecin, mais ça ne suffira pas pour m’ôter de la tête que c’est de là qu’elle me vient. Pour moi, c’est la seule explication logique.

Le temps que je me fasse à l’idée que je n’étais plus en aussi bonne santé que je le croyais, il me fallait déjà prendre une décision. J’avais certes découvert l’anomalie assez tôt, mais dans ma situation, aucun médicament ne pouvait m’aider. Je n’avais qu’une option : l’intervention chirurgicale. Je ne sais pas si c’est différent dans les autres cultures, mais d’après ce que j’ai constaté, les opérations, nous Haïtiens ne les aimons pas vraiment. Et bien sûr, je ne suis pas l’exception qui viendra confirmer cette règle. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je consulte quatre spécialistes – qui, soit dit en passant, me font tous le même diagnostic – faisant traîner le dossier pour plus d’un an. Puis, vint la recherche du bon moment car l’intervention exige un repos de plusieurs semaines. L’étudiante finissante que je suis ne peut abandonner ses cours du jour au lendemain. Oui oui, toutes les raisons sont bonnes pour retarder le moment de passer sous le bistouri !

Mais je ne peux pas éternellement éviter ce passage obligé. Finalement, je décide que l’été est le bon moment. Le début de l’été idéalement. Mais entre imprévus et moments de pure panique, tout est finalement arrangé pour la fin de l’été. J’ai la chance de profiter des vacances autant que je pouvais me le permettre quand on sait que mon corps n’était plus dans l’état dans lequel il devrait être depuis un moment déjà. Outre la gêne que ma maladie me procurait, il me fallait aussi supporter les commentaires que certains faisaient fort souvent sans aucun tact sur ma morphologie. Mais il me faudrait encore plus que ça pour que je souhaite me précipiter sur la table d’un chirurgien. Je voulais jouir de ces journées d’été comme si chacune serait ma dernière sur cette terre. Je voulais être prête autant économiquement que psychologiquement pour cette expérience que ma famille redoutait autant que moi, sinon plus. Et tout ceci aidant, je pourrais bien dire que j’ai fini par passer un des plus beaux étés de ma vie. Un été définitivement pas comme les autres !

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Retour sur : Limena (sous la direction de Gary Victor)

Je dois l’avouer, j’ai entamé cet ouvrage avec de nombreuses appréhensions. Pour commencer, j’ai eu l’impression d’avoir été arnaquée après l’avoir acheté. J’ai en effet cru acheter un titre de Gary Victor plutôt qu’un livre réalisé sous la direction de cet auteur qui a marqué mon enfance avec d’abord le feuilleton « Djamina », que publiait Le p’tit Nouvelliste, et des romans comme « Le diable dans un thé à la citronnelle » et « À l’angle des rues parallèles », que je souhaiterais d’ailleurs relire maintenant que je suis susceptible de mieux comprendre ces histoires.

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Crédits : Charly Amazan

Je voulais donc en quelque sorte renouer avec le Gary de mon enfance. Et mon choix s’est porté sur « Limena » tandis que je scrutais la liste des ouvrages disponibles à la 24e édition de Livres en folie. Je devrais peut-être vérifier à nouveau, mais je ne pense pas que sous la direction de était mentionné sur la liste aux côtés du nom de Gary Victor. Ce n’est qu’une fois le livre payé, puis livré que je me suis rendu compte de ma méprise. Et bien sûr, il était déjà trop tard.

Puisque j’ai transformé en porte-documents « PetroCaribe : mon combat pour la reddition de comptes », l’ouvrage du sénateur Youri Latortue que j’avais commencé à lire, je me suis tournée vers « Limena ». Je ne saurais dire si mes appréhensions initiales en sont la cause, mais vraiment j’ai eu du mal à aller au bout de ce recueil de nouvelles.

Entre les brusques transports dans le temps, les passages inattendus du discours direct au discours indirect, les cassures entre les paragraphes et ces conclusions qui vous laissent sur des histoires non finies, je ne sais plus trop ce qui m’a le plus dérangé. Toutefois, en gros, des 6 nouvelles, la première « Edna » de Edna Jean, m’a laissé une assez bonne impression et je relirais volontiers « Le fantasme de l’aspirateur » de Marie Flore Morett.

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À consommer à petites doses : Cris du cœur – Labrune Mainsour

Définitivement cela se passe bien pour moi en termes de lecture ce mois-ci. J’avais vraiment fait d’excellents choix à la 24e édition de Livres en folie et mon tri pour le mois en témoigne. Alors, je le dis tout de go, j’ai pris plaisir à lire « Cris du cœur » de Labrune Mainsour. En fait, je devrais dire relire. J’ai en effet lu bon nombre de ces nouvelles avant leur parution dans les colonnes de Ticket. Ceci ne m’a pas empêché de les apprécier à nouveau.

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Crédits : Charly Amazan

J’ai aimé la diversité retrouvée dans ces 16 nouvelles. Il s’agit certes d’histoires de femmes, mais j’ai eu un peu l’impression qu’elles s’attaquaient chacune à une facette de la vie de la femme. Oui l’amour était présent. Très présent, même. Mais il n’y avait pas que les déclarations transies.

J’ai aussi toujours pensé que Labrune avait une belle plume et ce n’est pas cet ouvrage qui me fera revenir sur cette conviction. Le choix de ses mots et expressions, et même la répartition des paragraphes, sont autant d’éléments caractérisant son style qui ont retenu mon attention.

Je recommande bien entendu ce recueil de nouvelles, qui, d’après moi, se consomme à petites doses. Au gré de son humeur. Car on peut bien y trouver une histoire pour chacun de ses états d’âme. Ma nouvelle préférée ? Je suis partagée entre « La rage au ventre », « J’ai laissé la porte ouverte » et « Tonton ou palmiste ». Et une dernière chose, ne vous fiez pas à la table matière. « Cœur bleu », la première nouvelle n’y figure pas et ceci a bouleversé l’ordre des pages.

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Et si on parlait de mes lectures de juillet ? « Le désir est un visiteur silencieux » – Emmelie Prophète

Pour ce mois de juillet, j’ai d’abord terminé la lecture de « Crazy Rich Asian ». Ce livre de Kevin Kwan publié en 2013 est le premier d’une trilogie qui comporte « China Rich Girlfriend », paru en 2015, et « Rich People Problems », paru en 2017. Il fait aussi l’objet d’un film qui sortira le 15 août 2018. Mais on ne va pas parler pour le moment de ce livre que je devais lire pendant la deuxième période du mois de juin et avec lequel j’ai trainé et trainé…

Parlons donc de la liste des livres du mois de juillet. J’avais retenu 5 ouvrages pour mon challenge mensuel : « Le désir est un visiteur silencieux » de Emmelie Prophète, « Cris du cœur » de Labrune Mainsour, « Limena », réalisé sous la direction de Gary Victor, « PetroCaribe : mon combat pour la reddition de comptes » du sénateur Youri Latortue et « The Wife Between Us » de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen.

Crédits : Charly Amazan

Pour ce mois, j’ai commencé avec « Le désir est un visiteur silencieux ». Pour moi, c’était tout indiqué de m’attaquer à la pile de livres achetés à Livres en folie en commençant par un titre d’un des invités d’honneur de la dernière édition de la foire. C’est la première fois que je lisais un livre d’Emmelie Prophète et je n’ai pas été déçue. Oui, je l’admets, ce n’est pas tout à fait ce à quoi je m’attendais. Le titre de l’ouvrage m’avait fait penser à bien des choses, mais à la fin de l’histoire, il a pris tout son sens pour moi.

J’ai mis près d’une semaine pour lire les 63 pages du récit d’Emmelie Prophète. C’est que ce mois de juillet est bien plus chargé que je le souhaitais. Mais j’ai adoré me retrouver dans cette rue ordinaire de Martissant et me plonger dans la vie de Claudette, de la mère de cette dernière et de ses voisines. J’ai cru reconnaître ma propre à plusieurs reprises. Bien sûr, ceci a rendu le récit encore plus réel à mes yeux et j’ai souri à chaque fois. J’ai aussi été charmée par les descriptions vivantes, mais si simples et le style léger. Juste le genre d’ouvrage qui se laisse lire. Un reproche à tout prix ? J’aurais bien aimé que ça dure plus.

P.S: Oui, je recommande !