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Fête de la musique : Petite célébration pour marquer une grande occasion

Le 21 juin ramène la fête de la musique. Dans la centaine de pays qui célèbre cette date, festivals et concerts, gratuits pour la plupart, sont organisés à l’occasion. Cette année, la fête de la musique a eu lieu en pleine Coupe du monde, en une journée mitigée, marquée par une cuisante défaite de la sélection Argentine de football, équipe très adulée chez nous, la veille d’une rencontre déterminante pour le Brésil et ses nombreux fans haïtiens. Plus d’un aurait dit que le cœur n’était pas trop à la fête. D’ailleurs, outre les traditionnels rendez-vous du jeudi, il n’y avait qu’une seule affiche véritablement conçue pour marquer cette fête : un Jam session organisé par Handzup group, Partying in Haiti et Chokarella.

 

#Avèk BelO
Crédits : Bernard Delva

Jojo restaurant, établissement encore en vogue à Pétion-ville après avoir ait passé le cap de sa première année d’existence, accueille ce « jam session » en ce premier jour d’été. L’espace agrémenté de drapeaux est visiblement en mode Coupe du monde. Aucune disposition spéciale pour le concert, sinon un modeste stage et des tables disposées dans la cour du restaurant. Les serveurs, eux, semblent totalement dépassés. Il faut un temps fou pour se faire servir. Mais quand le spectacle aussi accuse un retard de plus de deux heures, on ne sait même pas trop à qui tenir rigueur. Il faudrait bien entendu plus que cela pour décourager ce public habitué aux aléas de l’événementiel haïtien. Le temps est maintenant dégagé, il y aura bientôt de la musique et Jojo est reconnu pour sa bonne cuisine. Donc voilà, on n’en demande pas plus !

De nombreux artistes et personnalités ont répondu positivement à l’invitation des instigateurs de la soirée et se mélangent allègrement au public. L’ambiance est des plus conviviales. Entre embrassades et selfies, l’assistance prend l’allure de vives retrouvailles autour de la musique. Lisez la suite de l’article sur Ticket

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Nocturne à la Galerie Monnin

Le saviez-vous ? La Galerie Monnin a récemment changé d’adresse. Après le boulevard Jean Jacques Dessalines au centre-ville, puis la rue Lamarre à Pétion-Ville, c’est désormais à Laboule 17 que Gael Monnin, gérante de la galerie, accueille depuis le 2 décembre 2017 les férus d’art, du mardi au dimanche. Et le mardi, à partir de 7 h p.m., la galerie reçoit les noctambules dans le cadre de sa nocturne hebdomadaire dénommée Galerie Monnin’s Tuesday Art Vibes à laquelle Ticket a fait un tour cette semaine. 

 

 

Mardi soir 12 juin, 7 h 32 p.m. On passe la barrière des nouveaux locaux de la Galerie Monnin. On a l’impression de pénétrer une demeure privée. Et cette première impression est la bonne. « C’est la maison de mes grands-parents. J’ai grandi dans cette propriété », nous confirme, Gael Monnin, gérante de cette galerie qui a été fondée en 1956. En quête d’un endroit où abriter la galerie grandement menacée par le marché qui telle une pieuvre continue à étendre ses tentacules, la jeune femme raconte que sa famille n’a cessé de battre en retrait. Après s’être dirigée vers la rue Lamarre, elle s’est purement et simplement réfugiée dans les hauteurs de la ville.

Le travail pour changer cette maison familiale en véritable caverne d’Ali Baba a dû être considérable. Salle d’attente, balcons et même les toilettes… tout a été transformé. Au premier niveau, certains murs semblent même crouler sous le poids des tableaux. Mais la symétrie recherchée par le curateur n’en est pas moins évidente. Toujours au rez-de-chaussée, il y a cette pièce à l’allure de boudoir où un triptyque formant le portrait d’un homme retient notre attention. Un peu plus loin, une autre petite chambre au caractère intime avec lumière tamisée et habillée de pièces liées au vaudou est tout aussi remarquable. Et, bien sûr, on ne saurait oublier le coin selfie où, devant ce tourbillon de chiffres signé Pascale Monnin, divers visiteurs ont posé.

Mais, outre ces différentes œuvres d’art, tableaux et sculptures éparpillés çà et là dans le bâtiment, le public dispose aussi d’autres attractions à l’étage. Lisez la suite de l’article sur Ticket

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« Le Getaway week-end » : une virée au Cap-Haïtien

Crédits : Charly Amazan

C’était le moment idéal pour une escapade, pour s’éloigner de l’effervescence de la capitale. Beau temps, long week-end, et avec cette fête nationale qui continue à susciter l’élan patriotique chez les Haïtiens, se diriger vers une ville de province se trouvait aussi bien indiqué. Le Cap, destination de plus en plus populaire auprès des amateurs de tourisme local, a su retenir l’attention. En avion, voiture privée ou encore en transport en commun, ils sont en effet nombreux à avoir mis le cap sur la cité christophienne. On pouvait pressentir que « ta pral gen anbyans nan vil la ».

Outre la panoplie d’activités prévue par les habitants de la deuxième ville du pays qui n’ont, semble-t-il, plus rien à envier aux Port-au-Princiens en termes d’entertainment, il y a aussi la 6e édition de « Le Getaway » – ce concept au combo gagnant qui propose de se mettre en mode touriste et de faire la fête – qui se tient dans la cité en ce week-end de la fête du drapeau. Avec différents packages incluant transport, nourriture, logement – à l’hôtel Satama, nouvelle sensation du Cap-Haïtien – et des possibilités d’excursions pour les intéressés, l’événement a attiré bien du monde venu tant de la capitale que de l’extérieur, tous disposés à partir à la découverte du Cap dans une ambiance festive.

Le coup d’envoi du Getaway est donné dans la soirée du 18 mai à Lakay restaurant. Lisez la suite de l’article sur Ticket

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La nature ne nous a pas fait que des cadeaux!

Il y a de ces petits trucs, de ces petits soucis, de ces petits malheurs qui semblent n’arriver qu’aux femmes, ces expériences que nous sommes toujours les seules à vivre. Nos réactions face à ces situations diffèrent. Et la bonne attitude devient vite relative.

caricature la nature ne nous fait pas..

Le cauchemar des femmes… pas la peine d’en dire plus. On essaie de le nommer le moins possible. Il n’en existe pas moins. Il réussit à nous accompagner pendant une grande partie de notre vie. Bien sûr, certaines s’arrangent pour avoir de petites dispenses de 9 mois de temps en temps. Mais ce ne sont que des congés… Une fois qu’il s’est incrusté dans nos vies, même si on souhaiterait pouvoir s’en passer des fois, son absence peut fort souvent être bien plus désagréable que sa présence !

Et oui, vous aviez bien compris… Je parle de la menstruation. Je ne sais pas trop pourquoi on est généralement si contentes d’avoir nos premières règles. Peut-être est-ce parce qu’elles sont des fois considérées comme étant le pont entre la fille et la femme… Certains parents profitent de ce moment crucial pour nous terroriser en énonçant toute une série de mise en garde même si d’autres, en voulant nous mettre « à l’aise », nous effraient tout autant. Quoi qu’il en soit, notre enthousiasme ne dure pas longtemps. Non seulement les règles sont fréquemment accompagnées de fortes douleurs, mais aussi, elles nous donnent l’impression d’être un spécimen venu d’une autre planète pendant environ une semaine. Les hommes nous évitent et ces derniers n’ont pas tout le temps tort. Car des fois on est carrément impossibles au cours de ces périodes. Même les aliments semblent d’ailleurs se rétracter à notre contact. Et oui, on est vraiment traitées comme des pestiférées. Mais ce n’est pas tout. Notre envie de cacher notre période menstruelle aux autres se change souvent en obsession. Combien de fois avons-nous jeté un coup d’œil suspect au siège sur lequel on était assis ? Ou avons-nous demandé à l’amie qui nous accompagne de procéder à une petite inspection pendant que nous la devançons d’un pas ? Et cette petite phrase qui tue : Madmwazèl/ Madam ou sal nèt ! Autant de choses qui rendent les règles désagréables. Mais il faudra bien admettre qu’elles constituent un mal nécessaire. La preuve : On serait nombreuses à mourir d’inquiétude si jamais elles ne se pointaient justement pas ce mois… Pour ce qui est de la ménopause… elle est rarement bien accueillie, alors très rarement.

C’est formidable d’être une femme, dit-on. Mais être une femme n’est pas toujours ce qu’il y a de plus agréable. Ah, j’aurais tellement voulu voir certains de nos hommes affublés d’un tampon et pliés de douleur ne serait-ce qu’une fois par an ! Hélas, c’est pas demain que j’aurai ce plaisir. En attendant, je remercie la nature pour ses nombreux bienfaits bien qu’en me disant que tout compte fait, elle ne nous a pas fait que des cadeaux !

Daphney Valsaint Malandre

Publié dans Ticket (606)

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Ces femmes qui font Le Nouvelliste…

C’est pas tous les jours que je donne des interviews. D’ailleurs, je n’en ai donnée qu’une seule jusqu’à date qui, mine de rien, est passée dans le seul quotidien du pays. Souffrez-donc que je la poste partout !

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Ticket est un exemple pour d’autres entreprises

Une vraie pin-up Daphney Valsaint Malandre ! Ticket magazine a recruté une jeune fille qui aurait pu faire une bonne carrière de mannequin quand on juge sur pièce la jeune plante élancée qui avance d’un pas feutré dans les couloirs du Nouvelliste. Daphney adore se maquiller. Une note qui rehausse son visage inondé par la lumière de son sourire. La jeune fille n’est pas belle pour se taire quand elle pratique le journalisme, un métier intellectuel qui vous met toujours en route. Chemin faisant, à l’occasion de la journée internationale de la femme célébrée dans une atmosphère d’orage à Port-au-Prince, Le Nouvelliste a rencontré la journaliste.

Le Nouvelliste (L.N.) : Quel est pour vous l’importance de la journée internationale de la femme ?

Daphney Valsaint Malandre : La journée internationale de la femme est importante pour moi dans la mesure où elle met en vedette les femmes et salue leur travail. Elle offre une possibilité de sensibiliser le public en général sur la situation des femmes en Haïti et à travers le monde. Car, même s’il faut noter des avancées considérables dans la lutte des femmes pour leur émancipation, il n’en demeure pas moins qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire. Cette journée offre donc l’occasion de faire le point sur nos acquis et aussi de dégager de nouvelles perspectives.

L.N. : Au sein de Ticket magazine, les femmes occupent les postes importants. Quel regard portez-vous sur cet acquis ?

Daphney Valsaint Malandre : Le fait que les femmes occupent les postes les plus importants à Tiket Magazine est une chose louable. Ce devrait être un exemple pour d’autres entreprises qui rechignent encore à accorder des postes-clés aux femmes et à leur laisser la possibilité de faire leurs preuves.

L.N. : Est-ce une manière de dire en d’autres mots laissez la commandes des entreprises aux femmes ?

Daphney Valsaint Malandre : Je dis plutôt que les femmes sont capables de prendre les commandes au même titre que les hommes. La question de sexe ne devrait donc en aucun cas déterminer la capacité d’un individu à occuper un quelconque poste dans une entreprise.

L.N. : Vous connaissez des femmes entrepreneures haïtiennes qui s’investissent avec âmes dans ce qu’elles font ? Au passage, Ticket s’intéresse-t-il à ces modèles de la gente féminine ?

Daphney Valsaint Malandre : Il y a de nombreuses femmes entrepreneures haïtiennes qui se donnent à fond dans ce qu’elles font. A l’occasion de la journée internationale de la femme, Ticket a justement préparé un numéro spécial dans lequel on présente certaines de ces femmes évoluant dans différents domaines qui font la fierté de la gente féminine.

L.N. : Dites, les femmes ne mettent pas la pression sur leurs pairs à Ticket ? Comment cela se passe à la rédaction ?

Daphney Valsaint Malandre : Les encouragements, les félicitations et aussi la pression sont ce qui fait marcher toute entreprise. On retrouve donc un peu de tout ça à Ticket. J’ai reçu des appels de Stéphanie me disant : « Bon  ti bagay Daphney » tout comme j’ai reçu des appels de Gaëlle m’exigeant mes textes dans les plus brefs délais.

L.N. : Daphney continuent-elle à se former pour mieux informer son public ?

Daphney Valsaint Malandre : Se former est un devoir dans quel que soit le domaine dans lequel on évolue. Il faut être bien formé pour informer les autres, et rechercher les informations dont le lecteur a besoin. Donc pour ma part, je continue à me former. Cela fait d’ailleurs partie du métier !

L.N. : Qui sont ces femmes et ces hommes qui vous ont conduit à exercer votre profession ?

Daphney Valsaint Malandre : Je dois mon entrée dans le journalisme à Karl Foster Candio. Rédacteur en chef de Ticket à l’époque, il m’a demandée si je n’étais pas intéressée à intégrer le staff du magazine. Bien sûr, je l’étais ! Je lui ai donc envoyé un essai. Et voilà ! Je me suis donc retrouvée dans le giron de Frantz Duval, KFC et Roberson Alphonse, des journalistes dont j’ai toujours admiré les écrits.

L.N. : A quelles femmes journalistes haïtiennes aimeriez-vous ressembler pas leurs bons côtés ?

Daphney Valsaint Malandre : J’apprécie le travail de plusieurs femmes journalistes haïtiennes. Mais je ne peux pas dire qu’il y ait vraiment une journaliste haïtienne à laquelle je voudrais ressembler.

L.N. : Votre intégration à Ticket comment cela s’est-il passé ?

Etre à Ticket, c’est être à deux pas du Nouvelliste, le plus grand quotidien du pays qui est un idéal à atteindre pour moi. Ticket c’est une équipe jeune et dynamique, l’on y apprend chaque jour et le travail devient vite une passion. Et à travers Ticket, j’ai l’impression de contribuer, aussi petit que cela soit, à la promotion de la culture haïtienne et des jeunes talents.

L.N. : Que répondriez-vous à un homme qui aurait l’audace de vous dire : Soyez belle et taisez-vous ?

Daphney Valsaint Malandre : Un homme qui me demanderait de me taire ne me connait manifestement pas. Daphney ne se tait jamais ! Je suis de nature bavarde. J’ai un avis sur tout. Et mes questions ne sont jamais trop loin. Ma mère ne cesse de s’en plaindre mais c’est un atout majeur pour le métier que j’exerce.

Par ailleurs, je concède qu’être une femme, jeune et jolie en plus peut être un handicap des fois en ce sens que l’on est vue comme un artifice, une tête brûlée à qui l’on craint de confier des responsabilités. Mais, je suis aussi d’avis que les connaissances et la volonté devraient toujours primer. J’ai mon mot à dire et je veux être écoutée. Mais si je peux être regardée et écoutée… c’est encore mieux !

Propos recueillis par Claude Bernard Sérant

serantclaudebernard@yahoo.fr

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Accompagnée à tout prix !

Les fêtes de fin d’année sont là. Bien entamées. C’est l’époque des sorties entre amis, mais surtout des sorties en couple. Les célibataires sont un peu laissés sur la touche, et se mettent entre copin(e)s pour s’amuser. Cependant, ce n’est jamais la même ambiance. Les fêtes de fin d’année sont mieux avec un jules flambant neuf (de préférence, parce que cela éveille la curiosité et la jalousie) pendant à nos bras. Alors faut-il à tout prix décrocher un homme ?

Je me souviens encore de mon Noël avec Julien… Non pas lui, il n’aimait pas les fêtes et était casse-pied. Avec Richard ! Oui ! Beau. Avec des muscles là où il faut. Intelligent. Amusant. Une jolie barre de chocolat au lait, bien carrelée. Désolée, les filles… Oui ! les fêtes, j’y reviens. C’était il y a huit ans. J’étais encore toute jeune, toute fraîche, toute naïve, avec de l’amour plein les yeux. Le rose était ma couleur préférée. Richard m’a fait une surprise et est venu célébrer les fêtes avec moi. Nous avons été au
réveillon organisé par les anciens de mon école. Malheur aux ratées qui viendraient seules ! J’y suis arrivée avec un retard calculé, roucoulant de bonheur aux bras de mon chéri. On était assorti (oui… je suis passée par là aussi, je suis humaine, vous savez !).
Cette soirée-la fut la meilleure de toute ma vie, car j’ai pu faire office de psy à mes « copines » qui se plaignaient de leur malchance de n’avoir pas rencontré le garçon qu’il faut et qui me disaient ouvertement qu’elles enviaient mon bonheur. Et cette nuit-là, je me suis promis que mes fêtes de fin d’année ressembleraient à celle-là. Je ne savais pas encore à cette époque qu’il y avait le facteur « aléas de la vie »…

Me voilà en 2011. Seule. En novembre, je me suis dépêchée de me rabibocher avec un de mes ex et lui a fait juré sur la tête de sa mère que l’on passerait les fêtes ensemble (bien sûr que j’exagère). Mais quelques jours avant Noël, nous nous sommes gravement disputés et j’ai passé Noël avec une fabuleuse bouteille de Merlot Californien 8 ans d’âge. Comme par ironie, le même nombre d’années depuis que j’ai connu de merveilleuses fêtes de fin d’année !

Alors je me suis mise à réfléchir sur ce qui était vraiment essentiel pendant les fêtes de fin d’année. Et j’ai fini par comprendre que cela ne dépend pas du tout d’un certain homme. J’ai un travail fabuleux, un bel appartement, une famille qui m’adore et des amis fantastiques. J’ai compris alors combien j’étais bénie d’avoir la vie que j’ai, et je me suis mise à être reconnaissante envers tant de bienfaits.

Mesdames, concentrons-nous sur l’essentiel. Je sais que pendant les fêtes tout le monde nous jette leur bonheur à la figure, tant les vrais amoureux baignent en plein « mer rose ». Cependant nous ne devons pas oublier un point essentiel : ne jamais faire dépendre notre bonheur d’une tierce personne. Nous devons être en accord avec nous-mêmes, nous aimer et toujours faire sortir le meilleur de nous-mêmes. En plus, ce sont les fêtes, permettez-vous d’embrasser un inconnu et mettez le tout sur le compte de l’alcool. Cela ne vous engage à rien !
Allo… Alpha 2… Roger. Non, Laurie, ne vient pas chasser ici. C’est mon territoire !

Gabrielle Jones

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Le code du « woulibeur »

Ca fait plus de 10 minutes depuis que je tremble, que mon nez coule et que j’éternue sans arrêt. Le climatiseur réglé au max ne vient rien arranger à mon état. Mais, ce cher et grand ami qui a eu l’amabilité de me recueillir dans sa voiture en cet après-midi pluvieux ne semble pas s’en rendre compte. Le volume de sa radio poussé à fond, mes reniflements n’atteignent manifestement pas ses oreilles. Et surtout, pas question que je me plaigne car je suis une woulibeuse. Une woulibeuse confirmée, en fait.
En effet, un regard circulaire sur le parking de la faculté et je sais d’office vers qui me tourner si je veux aller à Delmas, à Pétion-ville ou encore au Centre-ville. Les horaires de chacun sont bien ancrés dans ma tête, les numéros de téléphone aussi. Car un woulibeur intelligent entretient ses relations avec les généreux amis, camarades et collègues possédant une voiture qui fort souvent le dépannent. Avec l’expérience, j’ai aussi appris les règles à respecter, le code du woulibeur, comme on dit couramment.
Avant tout, je sais qu’en ma qualité de woulibeur je ne dois pas me faire attendre. Les bons amis appellent certes pour annoncer leur départ mais c’est quand même bien de toujours être dans les parages car on ne sait jamais quand, mine de rien, ils « oublieront » d’appeler. Peu importe l’urgence de ma situation, je ne dois pas non plus bousculer mon sauveteur car, le woulibeur n’est jamais pressé. Il y’a aussi cette règle que je suis justement en train d’apprendre à mes dépens : le woulibeur ne se plaint pas. Que la température soit trop basse et la musique trop forte, il doit faire bonne figure. Ce serait franchement dommage de se faire expulser de la voiture sous cette pluie diluvienne car on ne peut se permettre d’oublier que le siège du woulibeur est à tout moment éjectable.
J’ai aussi édicté mon propre règlement. Et dans mon code à moi: Ne jamais monter dans les voitures des inconnus est inscrit en lettres capitales. Après tout, je suis une woulibeuse et non une autostoppeuse. Me recueillir dans ta voiture ne te donne pas non plus le droit de me faire la cour. Il s’agit d’un service et non d’un échange de faveurs. J’ai aussi appris à m’adapter aux tempéraments. Il y’a ceux à qui il faut faire la conversation et ceux qui comme mon actuel compagnon t‘ignorent carrément et t’imposent leur musique du même coup te rappelant ainsi que le woulibeur n’a aucun droit sur la radio.
En fait, le woulibeur doit savoir ajuster son comportement aux situations. Faisant fi des quolibets de toute sorte dont il peut être l’objet, il doit être discret à certains moments tout comme il doit être en mesure de suppléer Lilianne Pierre-Paul à 4h ou encore « lekol lage » quand le besoin se fait sentir.
Il y’a des moments comme aujourd’hui où je déplore le fait que je n’aie pas ma voiture personnelle mais je l’avoue, d’autres fois, c’est un plaisir pour moi d’avoir un peu de compagnie quand je me tape des embouteillages à n’en plus finir. De plus, il y’a bien certains privilèges que me procure mon statut de woulibeuse. Ah, je me souviens encore de ces 10 minutes passées dans cet Hummer… Quel confort ! Quel délice !
-Atchoum !!! Tout à ma rêverie, je n’ai pas vu venir l’éternuement. Zut ! Je crois bien que mon compagnon a été touché ! Il me jette un bref coup d’œil et semblant enfin remarquer mon état, il éteint le climatiseur. Je me confonds en excuses mais je sens que je vais devoir me chercher une autre woulib pour les jeudi après-midi. Dommage, c’était quand même un « vol dirèk ».

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Une affaire de grandes personnes

Article publié dans Ticket Magazine

28/05/12

Interdit aux moins de 21 ans… Il n’en fallait pas plus pour motiver la jeune adulte que je suis ! Mais je ne tarde pas à apprendre que parmi les différentes primes promises il y a aussi deux billets d’avion aller-retour Port-au-Prince/Las Vegas. Il n’y a plus de doute possible. Pour moi, « Affaire de grandes personnes » est un Bingo à ne pas rater. Déjà, je me sens adulte et je planifie mes vacances dans la ville du plaisir.

Ce vendredi 25 mai 2012, je suis accueillie à l’entrée du Karibe par de charmantes hôtesses et Vanessa Craan me prend en photo. Mais la pièce d’identité de laquelle je m’étais si fièrement munie n’est réclamée nulle part. Mon visage semble avoir crié mon âge haut et fort.

Je me retrouve dans une salle déjà remplie d’un public transpirant d’une élégance qui se veut décontractée. J’ai déjà le pressentiment qu’il s’agira d’un Bingo habituel. Mais je ne me laisse pas gagner par la déception. Je repense au billet pour Las Vegas. Je suis confiante. Après tout, je me suis décidée à voir les choses avec des yeux nouveaux, ce soir ; ceux d’une jeune femme qui sort seule, dans l’unique but de s’amuser. Je me laisse donc prendre au jeu. Pour un peu, je me serais précipitée sur la scène quand Kako fait appel à une « Bingo Virgin » pour tirer la première boule qui, bien sûr, ne figure pas sur mon carton. Les trois suivantes non plus, d’ailleurs. Les primes s’en vont unes à unes. Le Blackberry de Voilà, le sac de T-Mel, les billets aller-retour Port-au-Prince/République Dominicaine… tous partis ! Mais je garde espoir. Je danse. J’applaudis. Je m’amuse. Bien que je me rends parfaitement compte que je n’assiste pas au Bingo le mieux réussi. Peut-être est-ce le Karibe et ses lumières bien trop étincelantes pour l’occasion… Toujours est-il que le Bingo tarde à décoller, bien que Kako nous ait dit de faire comme chez nous (en l’occurrence Mango’s). On répète pourtant le rituel. Des gens sont appelés sur le podium à partir des numéros se trouvant sur leur carton. Pendant une dizaine de minutes on prétend se trouver sur le champ de mars avec Kako et Dj Jack. On va même jusqu’à lever nos chaises pour applaudir. Mais il ne faut pas se laisser tromper. L’euphorie habituelle n’est pas là.

Entre-temps, des boules sont tirées et les dernières primes s’en vont : la télévision, les billets aller-retour Port-au-Prince/Paris (emportés par celui qui a acheté le tableau de Vanessa Craan mis aux enchères) mais aussi mon billet pour Las Vegas, pendant que j’étais à une boule près du Bingo. Dire que je m’étais toujours crue très chanceuse ! Mes espoirs s’effondrent. Adieu Las Vegas… Adieu casinos et clubs !

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Rendez-vous : le studio de beauté !

Samedi matin… journée de repos qui fort souvent se change en journée-beauté. A défaut du spa et de la balnéothérapie (mauvaise fortune oblige), une manucure ou un brushing feraient bien l’affaire. Rendez-vous : le studio de beauté.

Peu importe ses dimensions ou l’environnement dans lequel il se trouve, le salon de beauté a le don de remonter le moral à bien de femmes. Le brouhaha des voix, l’odeur des produits cosmétiques et cette impression qu’on a d’avoir quelqu’un qui prend soin de nous après une longue semaine de travail… autant de choses qui peuvent rendre nos heures d’attente moins longues. On y retrouve des amies, des relations, des inconnues, qui pour la plupart ne tarderont pas à rejoindre le cercle des connaissances, mais aussi ces anciens condisciples qu’on s’acharne à fuir. On dit que les plus belles amitiés se lient sur les bancs de l’école. Moi, j’ajoute qu’on s’y fait aussi ses « meilleurs » ennemis. Mais sans arriver à aucun de ces extrêmes, on rencontre aussi à l’école ses individus qui resteront toujours au stade de connaissances et ceux qu’on tentera d’éviter tout le restant de notre vie mais qui, bien entendu, ont le don de se retrouver là où on les attend le moins. Dans ce salon de beauté que vous fréquentez assidûment depuis 5 ans, par exemple…

Le salon de beauté est le théâtre de bien de choses. On y témoigne la joie provoquée par des retrouvailles agréables. On s’y crêpe le chignon – dans tous les sens du terme – mais aussi, c’est la scène idéale pour étaler les « progrès » qu’on a fait. Jules a – enfin – fait sa déclaration… pas de doute, on mérite une manucure ! Si les compagnes remarquent « par hasard » la bague, c’est encore mieux. On a fini par obtenir cette promotion, pour laquelle on a franchement tout fait, on se presse de téléphoner à une amie pour lui annoncer la bonne nouvelle pendant que l’on est au studio de beauté. Et quand, pur hasard, cette ancienne condisciple qui ne semble pas régler grand-chose se trouve à portée d’oreilles, on la crierait même.

Les publications sur Facebook ne suffisent pas. Certains arrivent quand même à louper les grandes annonces. Rendez-vous samedi matin au studio de beauté pour le récapitulatif de la semaine ! Gade pa boule je, et écouter – ce qui le plus souvent ne nous regarde pas – n’a jamais fait du mal à nos oreilles. Un peu de distraction pendant qu’on se tape 45 minutes sous le séchoir est toujours la bienvenue, sauf quand on sait très bien qu’on est le public ciblé par l’actrice principale ! Mais aux grands maux les grands remèdes ! Cette séance au studio de beauté est une petite récompense durement gagnée. Pas question de laisser une quelconque mégère en faire un cauchemar. Écouteurs sur les oreilles, les yeux fixés sur un roman… Ah, elle peut bien parler !

Daphney Valsaint Malandre

Publié dans Ticket (605)

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La nature ne nous a pas fait que des cadeaux!

Il y a de ces petits trucs, de ces petits soucis, de ces petits malheurs qui semblent n’arriver qu’aux femmes, ces expériences que nous sommes toujours les seules à vivre. Nos réactions face à ces situations diffèrent. Et la bonne attitude devient vite relative.

Le cauchemar des femmes… pas la peine d’en dire plus. On essaie de le nommer le moins possible. Il n’en existe pas moins. Il réussit à nous accompagner pendant une grande partie de notre vie. Bien sûr, certaines s’arrangent pour avoir de petites dispenses de 9 mois de temps en temps. Mais ce ne sont que des congés… Une fois qu’il s’est incrusté dans nos vies, même si on souhaiterait pouvoir s’en passer des fois, son absence peut fort souvent être bien plus désagréable que sa présence !

Et oui, vous aviez bien compris… Je parle de la menstruation. Je ne sais pas trop pourquoi on est généralement si contentes d’avoir nos premières règles. Peut-être est-ce parce qu’elles sont des fois considérées comme étant le pont entre la fille et la femme… Certains parents profitent de ce moment crucial pour nous terroriser en énonçant toute une série de mise en garde même si d’autres, en voulant nous mettre « à l’aise », nous effraient tout autant. Quoi qu’il en soit, notre enthousiasme ne dure pas longtemps. Non seulement les règles sont fréquemment accompagnées de fortes douleurs, mais aussi, elles nous donnent l’impression d’être un spécimen venu d’une autre planète pendant environ une semaine. Les hommes nous évitent et ces derniers n’ont pas tout le temps tort. Car des fois on est carrément impossibles au cours de ces périodes. Même les aliments semblent d’ailleurs se rétracter à notre contact. Et oui, on est vraiment traitées comme des pestiférées. Mais ce n’est pas tout. Notre envie de cacher notre période menstruelle aux autres se change souvent en obsession. Combien de fois avons-nous jeté un coup d’œil suspect au siège sur lequel on était assis ? Ou avons-nous demandé à l’amie qui nous accompagne de procéder à une petite inspection pendant que nous la devançons d’un pas ? Et cette petite phrase qui tue : Madmwazèl/ Madam ou sal nèt ! Autant de choses qui rendent les règles désagréables. Mais il faudra bien admettre qu’elles constituent un mal nécessaire. La preuve : On serait nombreuses à mourir d’inquiétude si jamais elles ne se pointaient justement pas ce mois… Pour ce qui est de la ménopause… elle est rarement bien accueillie, alors très rarement.

C’est formidable d’être une femme, dit-on. Mais être une femme n’est pas toujours ce qu’il y a de plus agréable. Ah, j’aurais tellement voulu voir certains de nos hommes affublés d’un tampon et pliés de douleur ne serait-ce qu’une fois par an ! Hélas, c’est pas demain que j’aurai ce plaisir. En attendant, je remercie la nature pour ses nombreux bienfaits bien qu’en me disant que tout compte fait, elle ne nous a pas fait que des cadeaux !

Daphney Valsaint Malandre

Publié dans Ticket (606)