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Parce que tout le reste est accessoire…

L’inspiration me fuit. Je me rappelle plus la dernière fois que je suis arrivée à écrire plus de deux cents mots sur un sujet qui n’était pas lié au travail ou encore à un de mes cours. Alors jusqu’à aujourd’hui ! C’est un peu comme si mes mains me démangeaient. C’est que je passe un week-end pas comme les autres et j’ai cette furieuse envie d’en parler.  Un week-end pas comme les autres… J’ai dû employer cette expression des dizaines de fois. Mais croyez-moi, si je le pouvais je les bifferais toutes. Car la vraie expérience hors du commun, je l’ai vécue ce week-end.

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Je suis enfant unique. Enfin, pas tout à fait… J’ai des demi-frères et une demi-sœur que j’ai rencontrés récemment et les relations semblent bien amorcées. Mais ça, c’est une autre histoire. Je voulais donc vous dire que je suis l’unique enfant de ma mère, une femme très réservée. Mon premier réflexe a donc été de rechercher très tôt de la compagnie ailleurs. Au cours de mon enfance, et même pendant une grande partie de mon adolescence, j’ai été littéralement accro à ma cousine, qui, pour sa défense me le rendait bien. Puis à mes premières amies Sabrina et Joséphine. Quand je suis entrée à l’école secondaire, Fabiola a pris le relai et depuis, je ne l’ai plus jamais laissée repartir. Car il me fallait être constamment entourée. C’était un peu comme une partie de moi. Résultat : des années plus tard, je suis toujours partante pour retrouver des amis pour prendre un verre. Ou juste parler. Tout ce qui me tiendra éloignée de ma chambre vide.

Mais, ce week-end, sous une impulsion, j’ai décidé de passer du temps seule. Après des heures à essayer de dissimuler la tristesse qui m’envahissait à mes proches à la maison, je me suis dit que m’éloigner serait la meilleure option. Passer le week-end seule ? Oui. Mais où ? À faire quoi ? Honnêtement, je n’ai pas eu à me poser la question longtemps. Decameron ! La destination était toute indiquée. La dernière fois que j’avais été aussi « down », soit en 2014, je m’étais réfugiée à Indigo pour une semaine et j’en était revenue toute neuve. On n’allait tout de même pas changer une équipe qui gagne ! Je contacte donc un ami à l’hôtel vite fait. Mais ma démarche tardive laisse présager le pire : il se pourrait qu’il n’y ait plus de place. Je ne suis fixée qu’à la dernière minute, le jour même. Mais j’avais déjà fait tous mes plans. Après le travail ce vendredi, je n’ai plus qu’à passer récupérer mes affaires chez moi. Ensuite, je fais le plein et je mets le cap sur la côte des Arcadins !

Ce n’est pas la première fois que je conduis sur la nationale #1, mais depuis environ 5 ans que je conduis, c’est la deuxième fois que je prends toute seule cette voie où les accidents se multiplient. Je l’avoue, je stresse un peu. Et la pluie qui se pointe tandis que je passe « Trois mains » n’arrange rien. Pendant une fraction de seconde je pense à rebrousser chemin, me disant que je n’ai rien à prouver. Mais en fait, je le sais, j’ai tout à prouver. J’ai tout à me prouver. Un jour d’octobre, il y a de cela même pas un an, j’ai pris sur moi et j’ai laissé un jeune homme que je voyais pour la première fois incruster les mots « I am enough » sur une de mes côtes. Il était temps que je me prouve que cette douleur n’avait pas été vaine. Et c’est ce que j’ai fait.

Je suis restée la femme pragmatique, la conductrice prudente que j’ai toujours été. Je me suis tapée mon heure et demie de route avec une playlist d’enfer et j’ai passé un week-end extraordinaire à la mer. Bien sûr, j’ai dormi et j’ai raté le petit déjeuner les deux jours. Mais les lunchs, les heures passées couchées au bord de la mer avec mon haut-parleur, puis assise au bar seule vont être ajoutées à mon palmarès de single lady sans aucune vergogne. Je me garderai bien entendu de comptabiliser le nombre de verre de vin blanc que j’ai bu au cours de la journée du samedi. Sachez seulement que j’ai pu regagner dignement ma chambre après avoir pris la peine d’apprécier un coucher de soleil pour la première fois de ma vie et que j’ai une quantité de selfies assez gênante sur mon smartphone. Au moins je n’ai rien publié sur les réseaux sociaux….

Alors, un week-end pas comme les autres pourquoi ? Eh bien, parce que j’ai su répondre les « Non monsieur, ça va », « Non, non, m pa p tann pèsonn. Se mwen seul ki la » avec le sourire et le regard déterminé qui s’imposait toutes les fois que cela a été nécessaire. Parce que j’ai pris plaisir à me retrouver seule avec moi-même au milieu des inconnus. Parce que j’ai pu reprendre la route dimanche après-midi comme une grande…  Je me dis d’ailleurs qu’il s’agit vraiment d’une expérience que je devrais faire tous les trois mois, ne serait-ce que pour me ressourcer et toujours me rappeler que je me suffis et que tout le reste est accessoire !