Tiré par mes cheveux

La permanente et moi, c’est fini !

Avant d’aller plus loin, je vous explique maintenant que la permanente et moi nous avions des relations compliquées depuis quelques mois déjà. Je menace sans cesse de la quitter, mais tel un amant astucieux, elle sait se faire irrésistible, indispensable, irremplaçable… Mais cette fois-ci, c’est décidé, la permanente et moi, c’est fini ! F-I fi, N-I ni. Après quatorze ans, je veux mettre un terme à notre relation, au profit d’un texturizer. Pourquoi vouloir un tel changement ? En fait, si j’avais eu le choix, dès le début, j’aurais choisi le texturizer au lieu du relaxer. Selon moi, le premier offre nettement plus d’options dont je voudrais profiter. De plus, il me donnera l’illusion d’être plus proche de mon état naturel. Dommage, je n’avais que 13 ans à l’époque où la décision a été prise, et je n’avais pas vraiment mon mot à dire sur le sujet. Pourquoi maintenant ? J’ai pensé à plusieurs reprises à ce changement. Mais il est bien plus simple de se contenter d’y penser, croyez-moi ! Aujourd’hui, j’ai bien plus de motivation et je peux mieux expliquer cette décision, autant à moi qu’aux autres. Bien sûr, je suis indépendante et patati et patata. Je peux faire l’usage que je veux de ma personne tant que je reste dans les limites fixées par la loi. Mais je suis assez intelligente pour savoir que certaines personnes demanderont des explications, et à défaut d’accepter leurs suggestions et (même) ordres, je serai tenue de leur fournir une explication. Et celle-ci est déjà prête ! Abîmés et fatigués au plus haut point, mes cheveux réclamaient une pause depuis un certain temps déjà, mais j’avais décidé de faire la sourde oreille. Maintenant, je n’ai plus le choix. J’ai une chute de cheveux qu’aucun traitement ne semble pouvoir freiner. Mon esthéticienne me propose une de ces coupes de cheveux à la mode, mais je sais bien qu’une coupe va exercer encore plus de pression sur les cheveux. Séchoirs, fers à cheveux, défrisages fréquents… Bien plus que les miens ne puissent supporter. Ceci est la principale raison pour laquelle j’entame ce périple. A côté de tout ça, je repense à tous mes rêves de changer de tête, et je me dis tout simplement “c’est le moment” ! Mais le véritable élément déclencheur a été cette perruque afro. Je l’ai déposée sur ma tête avec l’intention de l’y garder pendant 30 secondes, le temps pour moi de faire une photo pour SnapChat. Mais je suis tombée amoureuse de cette version afro de moi et je n’ai plus rendu la perruque à son propriétaire. Quand en plus cette petite voix m’a simplement dit “si tu peux autant aimer cette perruque, pourquoi ne pas transformer tes cheveux en quelque chose qui leur ressemblerait ?”, le “pourquoi pas ?” s’est simplement imposé. Et tout a ainsi commencé ! Alors oui, je veux me couper les cheveux, mais pas pour une de ces coiffures à la Rihanna. Je vise plutôt Lupita. Mais arrêtons-nous là, le temps d’une précision vitale : je ne veux pas de cheveux naturels. Je ne me souviens peut-être pas de ce à quoi ressemblaient mes cheveux naturels, mais je sais qu’ils ont dû être suffisamment rebelles pour avoir raison d’une mère aussi puriste et récalcitrante que la mienne. Pour avoir le moins de contact possible avec eux, je ne veux donc pas de longue transition. J’envisage un “big chop”, dans 11 semaines. Pourquoi 11 semaines ? Parce que j’imagine que j’aurai alors assez de repousse pour ne pas avoir une tête à la Maritza Pierre ou à la Carolyn Désert. C’est peut-être un facteur de chance pour les concours de beauté, mais je n’ai plus rien à espérer de ce côté. J’en ai largement passé l’âge. Dans 11 semaines, je serai à 20 semaines de ma dernière retouche. Je devrais donc avoir assez de cheveux naturels pour en faire un TWA raisonnable. Je viens d’entamer ma dixième semaine. Je suis donc à mi-chemin de mon objectif. Car pour moi, le plus dur, ce n’est pas de me couper les cheveux, c’est d’arriver à rester 20 semaines sans me défriser les cheveux. Je sais que ça va être ardu. C’est déjà très difficile. Ce qui me retient dans ces débuts périlleux, c’est surtout ma détermination, l’amour du challenge et aussi, il y a encore cette voix qui me rappelle que j’ai l’avantage d’avoir des traits réguliers et du coup un visage avec lequel bien peu de coiffures détonneraient. De peu, il me dirait que je suis parfaite, hein… Que demander de plus ? Je me propose donc de vous raconter au fil des jours comment se déroule ce retour au naturel. Je ne donnerai pas de conseils. D’ailleurs je n’y connais strictement rien. L’aventureuse en moi y trouve bien son compte ! J’avance sur un territoire inconnu. Faisons ce voyage ensemble, il n’en sera que plus excitant !

Source : Le Nouvelliste

Crédits : Teddy Keser Mombrun
Crédits : Teddy Keser Mombrun
Lifestyle

Ô vieillesse ennemie !

Okay, c’en est fini de ma jeunesse ! J’ai compté, puis recompté ; vérifié et revérifié. Et plutôt que d’arriver à la conclusion que je suis déjà vieille et sénile, de deux maux, je choisis le moindre. Je suis simplement vieille !

Ainsi, cette douleur lancinante qui me taraude depuis quelques jours avait une explication logique, bien que pas tout à fait acceptable. Il ne s’agit pas d’une infection. Ce n’est pas l’oeuvre d’un quelconque parasite. Cela ne résulte pas non plus d’une éventuelle négligence. Je ne suis donc pas malade… Certains m’en voudront peut-être, mais à plusieurs égards, j’aurais préféré que ce soit un statut temporaire, que ce soit le fruit d’une anormalie, l’oeuvre d’un corps étranger dans mon organisme… Mais non, elles sont bien réelles. Je me tortille devant le miroir pour bien suivre leur progression au fil des jours tandis que mes doigts s’agrippent désespérément à ce qui reste de ma jeunesse.

Je savais que cela allait arriver. Mais c’était supposé attendre que je sois grande… Autant préciser que grande selon ma mère équivaut à mariée et mère d’au moins deux enfants, et pour moi, cet adjectif est synonyme de professionnelle aguérie, détentrice d’un doctorat. Dieu sait que j’en suis loin. Peut-être que Mère nature l’a justement compris et m’a vite balancé ce fardeau à titre d’avertissement. J’ai l’impression de l’entendre me dire : “Les jours passent ma fille… Ki desizyon w ak lavi w ?”

Et croyez-moi, il n’y avait pas mieux que cea foutues dents de sagesse pour me forcer à remettre mes pendules à l’heure !