Lifestyle

Qu’ai-je bien pu faire de mes cheveux ?

Mes cheveux ont pendant longtemps été selon moi mon point fort. Le seul, même. L’adolescente, maigrichonne et boutonneuse que j’étais, s’est longtemps appuyée sur cette seule constante.

Je n’avais pas grand chose à faire. Un simple lavage que ma mère effectuait la plupart du temps. Une vingtaine de minutes pendant lesquelles ma marraine, esthéticienne de profession, me mettait les bigoudis. 45 minutes sous le séchoir. Après, je n’avais qu’à enlever les bigoudis et “wrap” mes cheveux. Et pendant une semaine, je recevais des compliments de mes camarades et aussi d’inconnus.

Mais bien sûr, comme toute adolescente qui se respecte, j’étais insatisfaite. Mes cheveux qui me tombaient naturellement sur les épaules n’étaient pas assez bien à mon goût. Je voulais, comme certaine de mes camarades, aller au salon de beauté tous les week-ends. Je rêvais des coupes de cheveux à la mode et de cheveux décolorés.

Et dès que j’ai été assez âgée pour prendre certaines décisions, j’ai vite fait de réaliser ces rêves de jeunes filles. Ainsi, en troisième, j’ai coupé mes cheveux. Cette “coupe carrée” avait pour but de me faire ressembler à une “dame”. Entreprise plutôt compliquée quand on a 15 ans et qu’on fait moins de 100 livres…

Mais j’étais loin de m’avouer vaincue. À cette coupe que j’entretenais déjà assez mal, j’ajoutai une teinture avec péroxyde. Je dois préciser que jusqu’à présent, je ne sais toujours pas ce qu’est la péroxyde. Néanmoins, j’ai même pas eu besoin de l’aide de Google pour apprendre – à mes dépends bien entendu – que péroxyde et cheveux mal entrenus ne font pas souvent bon ménage.

Ainsi commencèrent donc mes déboires. J’allai de coupe de cheveux à coupes de cheveux et de teintures à teintures. Dieu sait ce que j’ai fait subir à mes cheveux au cours des dix dernières années !

À ceux qui, sans retenue, me demandent “Sa w fè ak cheve yo Daf ?”, je réponds d’un air faussement désinvolte : “ Oh mais ce ne sont que des cheveux, ya pouse”. Mais en réalité, après les fameux “ Tu as maigri”, “Suspann megri” et “Quand donc vas-tu enfin grossir ?”, c’est la question qui m’énerve le plus. Car, voyez-vous, cette question moi aussi je me la pose. Chaque matin quand je me réveille et que je dois me préparer pour aller travailler. Chaque fois que je dois me rendre à un événement important et qu’il me faut une coiffure digne de la circonstance. Chaque semaine quand je m’installe sur le siège de ma coiffeuse… Et jusqu’à présent, je ne suis pas arrivée à trouver une réponse satisfaisante et encore moins un semblant de solution à mon problème.

C’est pourtant dur de perdre ce qui pendant longtemps a contribué à notre identité même. Fera-t-on jamais référence à moi en disant : “ti pitit mens ki gen anpil cheve an”, comme on le faisait si souvent quand j’étais au secondaire ? Heureusement qu’au fil du temps j’ai appris à mieux apprécier les autres parties de mon corps. Car je peux difficilement compter ce que j’ai présentement sur le crâne comme un atout. Dieu ! Je n’aurais jamais cru que les “tras krochi” et les “ti kòn” de ma mère pourraient me manquer autant !

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